"Parler de séparation entre public et privé en 2015, ça ne tient pas la route !" : interview de Laurence Pieau, la directrice de la rédaction de Closer.


"A partir du moment où les hommes politiques ont ouvert la porte, il n'est plus possible de la refermer", fait valoir Laurence Pieau, la directrice de la rédaction du magazine Closer, qui fête ses 10 ans."

Pourquoi Closer s'intéresse-t-il aux hommes et femmes politiques ?

"Les politiques étaient un terrain à découvrir. Leurs histoires personnelles influencent forcément leurs choix politiques ou celle de leur parti, comme c'est le cas pour Florian Philippot (vice-président du Front national dont le magazine a publié des photos le montrant en compagnie d'un homme présenté comme son compagnon, NDLR). Tout est lié. Parler de séparation entre public et privé en 2015, alors que c'est le règne de l'image, avec les réseaux sociaux et les communicants, ça ne tient pas la route !

A partir du moment où les hommes politiques ont ouvert la porte, il n'est plus possible de la refermer. La vie publique ne s'arrête pas à 20h ! C'est eux qui ont commencé à faire entrer les magazines dans leur cuisine ou leur salon. Même François Hollande qui refuse de parler de sa vie privée, ses ex-compagnes se chargent de le faire pour lui. Avec les scoops qu'on a sortis, on est en première ligne".

Comment avez-vous pris le tournant de la "peopolisation" du politique?

"On a pris cette inflexion à l'été 2006. Au début, on a eu des traitements différents pour les politiques. Ségolène Royal à la plage en maillot de bain, c'était un angle très féminin, plutôt basique. Ensuite, il y a eu plus de profondeur avec l'incroyable feuilleton au sommet de l'Etat et ces deux couples qui se séparaient et se reformaient, avec Nicolas et Cécilia Sarkozy puis Carla Bruni, d'un côté, et François Hollande, Ségolène Royal et Valérie Trierweiler, de l'autre. Il y a ensuite eu l'implication de DSK dans l'affaire du Carlton, sa rupture avec Anne Sinclair. Toutes ces histoires sont très reprises à l'international. Ca permet de faire parler du titre. C'est un tournant qu'on a pris de manière décomplexée".

Vous dites vous imposer des limites éditoriales, quelles sont-elles ?

"On fait d'abord attention à ne pas diffuser des images dégradantes. Ensuite, quand on sort une info importante, ce qu'on appelle du "lourd", on s'assure que les proches soient au courant. Et enfin, tout ce qui a trait à la santé, on évite, c'est du ressort de l'intime".