Guillaume Depardieu est mort à 37 ans d'une pneumonie foudroyante

PARIS L'acteur le plus torturé, (mais pas le moins doué) du cinéma français n'est plus. Guillaume Depardieu est décédé lundi d'une pneumonie foudroyante à l'hôpital de Garches, près de Paris. À 37 ans seulement.

La vie ne lui a pas fait que des cadeaux. Relations extrêmement difficiles avec son père, Gérard Depardieu, nombreux démêlés avec la justice, amputation d'une jambe à cause d'une infection attrapée au bout des 17 opérations successives à un accident de moto, problèmes de drogue, emprisonnement pour conduite en état d'ivresse : son parcours chaotique s'est achevé bien trop tôt, ce lundi, à cause d'un virus.

Après deux nominations pour le César du meilleur espoir masculin, pour Tous les matins du monde (1992) et Cible émouvante (1994), il décroche la statuette dorée de... l'espoir masculin toujours en 1996, pour Les apprentis. Charismatique, talentueux, il semble alors idéalement parti pour suivre les traces de son prestigieux papa. Avec qui il tourne sept fois : Tous les matins du monde, Pas si méchant que ça, Les rois maudits, Napoléon, Les misérables, Le comte de Monte Cristo et Aime ton père.

Mais ses goûts ne tardent pas à le porter vers des univers assez décalés, voire franchement hermétiques, comme ceux de Leos Carax (Pola X , un flop monstrueux), Jean-Pierre Mocky (Alliance cherche doigt) ou Jean Veber (Le pharmacien de garde). Ses ennuis judiciaires ou de santé poussent aussi de nombreux cinéastes à se détourner de lui. Ou à ne lui proposer que des productions à petits budgets. Et cela l'affecte. "Si je pouvais arrêter du jour au lendemain, je le ferais, nous déclare-t-il voici deux ans. Le cinéma, ce n'est pas ma passion. Il me nourrit. Je fais un métier affligeant."

Une fille de sept ans

De plus en plus solitaire, il se lance à corps perdu dans la musique, écrivant un opéra qui ne sera jamais monté ou des chansons qui restent dans sa guitare.

Cet album, intitulé Post mortem, est prévu pour 2009. Mais ne constituait pas son plus gros projet d'avenir. "J 'ai une petite fille, Louise, déclare-t-il en 2006. Je lui dois 13 ans de maturité, de ma maturité à moi. Après, elle fait ce qu'elle veut. Donc, vous pouvez en conclure que je ne me suiciderai pas dans les 13 années qui viennent." La mort ne lui a pas laissé le temps de s'occuper de son enfant.



© La Dernière Heure 2008