Icône de la mode, animatrice et chanteuse, la sexyagénaire Amanda Lear revient sur scène, chez nous, dans Lady Oscar


BRUXELLES C’est une histoire d’amour qui aurait pu commencer il y a bien longtemps. “Ça fait 10 ans qu’on m’en parle, du théâtre. On me proposait des pièces mais j’avais peur, c’était mal payé et contraignant. Et puis je me suis lancée…” Amanda Lear, l’icône touche-à-tout, a été frappée par la foudre quand elle est montée pour la première fois sur une scène de théâtre.

Depuis, elle enchaîne les pièces – avec succès – qui mettent en avant son sens comique et de la repartie. Dernier exemple en date, Lady Oscar, qui n’est ni plus ni moins que l’adaptation, pour Amanda Lear, d’un des rôles popularisés par Louis de Funès.

Pour la tournée, l’équipe de comédiens autour de vous a changé. C’est l’assurance de ne pas s’ennuyer ?
“Tous les comédiens qui ont fait les représentations parisiennes avec moi sont partis. Mais je suis restée. J’avais peur que ce ne soit pas aussi drôle mais non, ça tourne très bien. Et c’est curieux, même si on dit tous les soirs les mêmes textes, qu’on porte les mêmes robes, chaque soir est différent et c’est excitant. Je me demande souvent : mais pourquoi je n’ai pas fait du théâtre plus tôt ? C’est un tel bonheur ! Je comprends maintenant tous ces comédiens comme Robert Hirsch, Michel Galabru qui font encore du théâtre à leur âge… Ça leur manquerait trop.”

Vous êtes une traqueuse ?
“Oulala, une grosse traqueuse ! Et tous les soirs. On est mort de peur. On est là à toucher des gris-gris, du bois, des machins, c’est terrifiant ! On va affronter 1.000 personnes qui ont payé, il ne faut absolument pas les décevoir. Même si on est sûr de notre texte, on a peur d’être troublé…”

Théâtre, musique, télé, mode… Vous avez réussi à mélanger les genres. Le secret, c’est de ne pas se prendre au sérieux ?
“J’ai beaucoup de second degré. Il faut d’abord savoir se moquer de soi-même… J’entends beaucoup de gens me dire dans le milieu : Mais enfin, vous ne savez pas qui je suis ? Je trouve ça ridicule. Nous sommes des saltimbanques. On est là pour faire rire le monde, pas pour se prendre au sérieux. Quand je vois des personnages publics qui donnent leur avis sur la politique, ce n’est pas leur rôle. On est là pour divertir.”

Vous avez ce côté énergique, excentrique et sans tabou. Par exemple, vous ne semblez avoir aucun souci à parler de votre âge (72 ans, NdlR). Au contraire…
“Effectivement. Pour les hommes, regardez Michel Drucker, il sera là jusqu’à 80 ans et personne ne dira rien. Par contre, une présentatrice télé, on cherchera à la remplacer à partir d’un certain âge. C’est très cruel. Pourquoi on ne nous juge, nous femmes, que sur notre physique et sur notre âge, pas sur notre talent ? Et les hommes pas. C’est tout à fait injuste pour la condition féminine, ça devrait changer. Alors c’est vrai, moi je dis mon âge. Je continue à plaire, à faire rire, à séduire des jeunes gens. Qu’on ait 50, 60 ou 80 ans, on s’en fout. Je suis contente quand je rencontre des femmes qui m’admirent et me disent qu’elles aimeraient être comme moi à mon âge. Le à votre âge fait un peu moins plaisir, mais bon… (rires).”

Il y a ce phénomène en vogue des cougars…
“Oui, et je déteste ce mot. Il est américain, mais ça veut dire qu’ils n’ont jamais lu Colette. Cela a toujours existé, le petit jeune qui tombe amoureux d’une femme plus âgée…”

Gardez-vous toujours dans votre loge le calendrier des rugbymen posant nus ?
“Oui, oui ! Ce sont eux qui me l’envoient, d’ailleurs. J’en connais deux, trois. Ce sont de charmants garçons, ils me dédicacent le calendrier. C’est très réjouissant d’avoir dans ma loge des photos de jolis garçons qui montrent leurs fesses. J’aime beaucoup les sportifs parce que j’admire les gens qui prennent soin de leur corps. Et eux, de leur côté, aiment bien rencontrer des femmes qui n’ont pas froid aux yeux !”

Vous aussi vous prenez grand soin de votre corps…
“Le bon Dieu nous a donné un corps, et il faut bien entretenir cette machine. Je ne fume pas, je ne bois pas. On est récompensé sur la longue durée. Je vois maintenant des copines qui étaient mannequins avec moi, aujourd’hui je me dis : mais quelles épaves ! C’est pas possible ! Elles fument, elles se sont trop exposées au soleil,… Là on paie le prix à partir d’un certain âge.”

© La Dernière Heure 2012