Scandale : un producteur de cinéma lâche tout sur les salaires disproportionnés des acteurs français

PARIS C’est le quotidien Le Monde qui, samedi, a publié la tribune d’un certain Vincent Maraval. Un producteur de cinéma inconnu au bataillon des non-professionnels du grand écran dénonce l’économie bancale du cinéma français. Il s’interroge notamment sur la pertinence d’importantes subventions publiques qui transforment les acteurs frenchies en millionnaires.

Pour exemple éloquent, selon Maraval : Dany Boon qui, avec la comédie romantique Un plan parfait, n’a attiré que 1,2 million de spectateurs en salle. Pourtant, l’acteur aurait touché quelque 3,5 millions d’euros pour le rôle… et son prochain cachet (pour Hypercondriaque) pourrait atteindre 10 millions.

Et le producteur de poser cette question : comment expliquer qu’un acteur français expatrié le temps d’un blockbuster chez les voisins ricains se contente d’un salaire 10 fois moins important, dans une industrie qui rapporte bien plus que le petit – du moins pas exporté – cinéma français ? Nettement moins de recettes en France pour une Marion Cotillard ou un Jean Reno, mais beaucoup plus de sous-sous sur le compte… Vincent Cassel, pour son rôle dans (et de) Mesrine, aurait ainsi touché 1,5 million d’euros, pour des rentrées estimées à 22,6 millions. Aux États-Unis, lorsqu’il a tourné dans le succès au box-office, The Black Swan (226 millions de recettes !), il se serait contenté de 226.000 euros de salaire.

D’où sort cet argent du cinéma français ? De l’État, répond à nouveau Vincent Maraval, qui tient à préserver l’exception culturelle française. Le réalisateur “Philippe Lioret touche deux fois plus que Steven Soderbergh et sept fois plus que James Gray ou Darren Aronofsky. Pourquoi s’en priveraient-ils ?”, ajoute-t-il. Avant de conclure, toujours dans les colonnes du Monde  : “La responsabilité de cette situation n’est pas à chercher, hélas ! dans une supposée incompétence de nos producteurs, mais dans ce que les Américains appellent le above the line (la surévaluation), les cachets qui font de nos talents, inconnus au-delà de nos frontières, les mieux payés du monde.”



© La Dernière Heure 2012