Dans un courrier daté du 25 février, dont l'AFP a eu connaissance, la juge d'instruction au tribunal de Paris Marie-Claire Noiriel a annoncé aux parties vouloir clore l'enquête, les invitant à lui faire savoir, comme le prévoit la loi, si elles avaient des observations à lui faire.

Cette décision augure d'une ordonnance de non-lieu, Luc Besson n'ayant pas été mis en examen mais seulement placé sous le statut moins incriminant de témoin assisté le 25 janvier.

La juge avait repris le dossier en septembre.

Dans sa réponse à la magistrate, un des avocats de l'actrice belgo-néerlandaise Sand Van Roy, Me Francis Szpiner, s'est dit "plus que surpris" qu'elle n'ait pas cherché à entendre la plaignante avant de clore l'enquête. Il a estimé qu'"une confrontation eut été le minimum qu'une partie civile est en droit d'attendre de son juge".

Le cinéaste, qui conteste les accusations, et la comédienne avaient été confrontés en décembre 2018 dans les locaux de la police judiciaire, lors de l'enquête préliminaire. Mais ils ne l'ont jamais été depuis que l'enquête a été confiée à des juges d'instruction.

"La clôture ne veut pas dire que c'est fini", a réagi Sand Van Roy, aujourd'hui âgée de 33 ans, interrogée par l'AFP.

Me Jade Dousselin, autre avocate de la comédienne, a fustigé un "déni de justice" et indiqué préparer des demandes d'audition et de confrontation.

Sand Van Roy avait porté plainte pour viol le 18 mai 2018 contre l'influent producteur et réalisateur français de 60 ans, au lendemain d'un rendez-vous avec lui au Bristol, un palace parisien.

Deux mois plus tard, elle avait dénoncé d'autres viols et agressions sexuelles, commis selon elle au cours de deux années d'une "relation d'emprise professionnelle" avec M. Besson.

Ces plaintes avaient été classées sans suite en février 2019 par le parquet de Paris qui estimait n'avoir pu "caractériser l'infraction dénoncée dans tous ses éléments constitutifs".

L'actrice avait alors déposé une plainte avec constitution de partie civile qui avait débouché sur l'ouverture d'une information judiciaire en octobre 2019 pour "viols".

Huit autres femmes avaient par la suite accusé le réalisateur (de "Subway", "Le Grand Bleu", "Nikita" ou "Le Cinquième Elément") de gestes déplacés, voire d'agressions sexuelles, dans des témoignages recueillis par Mediapart, pour des faits en grande partie prescrits.