Vous écrivez que Karl Lagerfeld avait le don de rire de tout. Vous pensez qu’il aurait ri aussi de la situation délirante que l’on vit aujourd’hui ?

"Euh, rire, non, je ne pense pas. Ça ne l’aurait pas fait marrer, vraiment. Il aurait pris de la distance… il serait resté chez lui. D’autant plus que c’étaient des choses qui pouvaient l’apeurer, et c’est normal. Je pense qu’il m’aurait dit : ‘Baptiste, mais dans quel monde on vit ? J’ai traversé les décennies mais ça, je ne l’aurais jamais imaginé.’ Je pense que Karl aurait pu me dire ce genre de choses. C’est difficile à vivre, pour tout le monde, parce que les choses sont bloquées et il détestait ça. Lui, il voulait avancer, que le travail soit fait."

Vous, vous le vivez comment, ce confinement ?

"Comme tout le monde… Il faut prendre son mal en patience. Il faut attendre. Après la pluie vient le beau temps, c’est certain. J’essaie d’y voir le bon. Je me dis qu’on n’est pas grand-chose, finalement. Je respecte les règles qu’il faut respecter, en étant confiné. Mais je n’ai pas à me plaindre, j’ai la chance d’évoluer dans un bel endroit, je vais bien, je suis entouré des miens et c’est ce qui compte."