Réalisé par Robert Zemeckis, Allied, un thriller haletant rend hommage à Casablanca. À l’affiche, Marion Cotillard et Brad Pitt.

Comme à son habitude Zemeckis le perfectionniste offre un film irréprochable tant au niveau de la photographie que du scénario… Cotillard se montre quant à elle à la fois touchante et impitoyable dans la peau de cette espionne. Seul petit bémol, Brad Pitt. On a comme l’impression parfois qu’il manque de ressort ! Bref, nous avons pu passer à la question la jolie Marion. Sa première interview depuis la campagne détestable dont elle a fait l’objet sur les réseaux sociaux. Rappelez-vous, on lui reprochait d’avoir brisé le couple Angelina Jolie/Brad Pitt.

Dans Allied, vous incarnez une espionne pendant la Seconde Guerre Mondiale. Cela ne doit pas évident pour vous de faire la promotion de ce film. Surtout après cette campagne de rumeurs qui a été relayée sur les réseaux sociaux. On se demandait si à un moment ou à un autre, vous n’avez pas regretté d’être une movie-star ? Si vous n’avez pas eu envie de tout plaquer et dans le cas présent de fermer vos comptes comme Twitter, etc.

"Écoutez. Je n’ai jamais voulu être une movie-star ! Je voulais être une actrice. Je désirais faire partie de ce monde qui consiste à raconter des histoires. J’ai toujours été quelqu’un qui aimait vivre ses rêves de manière intense, de manière vibrante. C’est ce qui donne le sentiment d’être en vie. J’ajoute que j’ai toujours admiré les stars mais je ne souhaitais pas leur ressembler. Pour autant, je me sens chanceuse de pouvoir partager ma vie avec des gens que j’admire, avec des personnes que je respecte et qui m’inspirent. Il y a toujours un chemin vers l’unité, il y a toujours un moyen de rêver le monde aussi beau qu’il devrait être et plus grand que nous l’imaginons parfois. Je pense que les rêves se concrétisent quand vous avez en vous une énergie positive et que vous la partagez."

À quel moment de votre vie, vous avez su que vous vouliez devenir actrice?

"Il n’y a pas eu un moment à proprement dit mais plusieurs moments. C’était inscrit dans mon patrimoine génétique. Mes parents étaient des acteurs de théâtre et moi, à chaque fois que je les voyais raconter des histoires à des gens, cela me donnait la chair de poule. Dans le sens positif du terme. Mon père était mime. Un mime qui a connu un énorme succès et qui a voyagé aux quatre coins du monde. Il possédait sa propre compagnie. L’idée, à mon tour, de faire vibrer les gens, de les toucher de l’intérieur, de les faire rire, de les faire pleurer, vient de là."

Mais si vous aviez rencontré l’échec. Quelle profession auriez-vous envisagé?

"Je pense que j’aurai trouvé un métier en relation avec les enfants car j’ai toujours aimé être entouré par eux. Écrire m’aurait aussi plu mais j’admets ne pas être très douée dans ce domaine. Quand j’écris, j’essaye juste de coucher sur le papier mon ressenti, mon quotidien. J’ai eu profonde admiration pour les écrivains et pour cette capacité qu’ils ont à traduire avec des mots leurs pensées, leurs émotions."

Qu’est ce qui vous attire à Hollywood et au contraire qu’est que vous rejetez?

"J’ai tendance à ne jamais rien rejeter. Je préfère dire repousser certaines choses plutôt que rejeter . Il faut un tout pour faire un monde. Même si Hollywood est en train de changer, je pense qu’il y aura toujours des artistes qui ont quelque chose à dire."

Qu’est-ce vous a poussé à signer pour Allied?

"Pour une actrice, c’est toujours un rêve de faire partie d’une histoire à la fois forte, glamour et iconique. C’était aussi vraiment un rêve de travailler avec un réalisateur visionnaire et fantastique. Un réalisateur qui est d’ailleurs, en partie, responsable de mon amour du cinéma. Je pense à Robert Zemeckis bien sûr… La première fois que j’ai lu le script de Allied , c’était il y a quatre ans. J’ai tout de suite été attirée par ce récit parce que j’avais préalablement enchaîné un bon nombre de rôles dépressifs et pas du tout glamour. (Rires). Je trouvais intéressant de pouvoir explorer cette période de l’histoire où les femmes affichaient leur féminité. C’est aussi une histoire très profonde et très forte que nous racontons…"

On imagine qu’avec ce genre de partenaire à l’écran, c’est facile de tomber amoureuse ?

"C’est un partenaire et un acteur incroyable. J’ai vu pratiquement tous ses films. Il est différent à chaque fois ! Je pense que c’est le genre d’acteur qui aime vivre des expériences à travers différents rôles. Je voue un immense respect pour ce type de comédien capable de passer d’un film à un autre en étant quelqu’un d’autre à chaque fois."

Comment expliquez-vous que les autres actrices françaises qui sont venues tenter leur chance à Hollywood n’ont pas réussi, comme vous, à vraiment transformer l’essai?

"La chance ! Objectivement, je ne pensais pas que je réussirais à percer et à durer aux États-Unis. Quand j’étais plus jeune, le cinéma hollywoodien me fascinait tellement que je n’avais qu’une envie : en faire partie. Je ne voulais pas devenir une actrice française mais une actrice tout court. Mon rêve, c’était de m’affranchir des frontières et de tourner là ou la matière était potentiellement bonne."

Vous êtes radieuse aujourd’hui avec ce ventre bien arrondi. En quoi la maternité vous a changé ? Enfin, la perspective de mettre au monde votre deuxième enfant vous incitera-t-elle à tourner un peu moins?

"Je dirai que la maternité m’a fait évoluer plus que changer, mais, oui, être une mère et actrice à la fois vous pousse à trouver - un autre équilibre dans votre vie. Vous savez, de part mon métier, je suis amenée à explorer des rôles, des personnages qui sont la plupart du temps très éloignés de ce que je suis dans la réalité. J’aime aller très loin dans mes rôles. D’un côté, je sais que cet investissement peut affecter ma propre personnalité. Avant d’être maman, je m’en foutais. J’étais consciente de tout ça. Du coup, cela m’a permis de ne pas devenir folle ! (rires). Je dois avouer qu’avant de devenir maman, j’avais le sentiment de changer de dimension. C’était comme me rendre dans un autre monde." (rires).

Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui?

"La grosse différence aujourd’hui, c’est que lorsque je rentre chez moi, j’ai un petit garçon pour qui, à la fin de la journée, je dois être entièrement moi-même. Les enfants, surtout le mien, sentent très bien quand vous n’êtes pas vous-même. Ils perdent leurs repères alors. C’est pour ça que mon fils déteste venir sur les sets. Tout simplement parce qu’il ne reconnaît pas sa maman ! Durant un tournage mes cheveux et mes regards sont différents. L’énergie que je dégage est, elle aussi, différente. Maintenant pour répondre à l’autre partie de votre question, oui avoir un deuxième enfant va me pousser à trouver un autre équilibre. Cela risque d’ailleurs d’être intéressant. En effet, je vais me retrouver avec un enfant qui aura une toute autre personnalité ! Je suis impatiente de le voir."

Vous vous sentez comment ? Être à nouveau maman a changé votre relation avec votre compagnon (NdlR : Guillaume Canet)?

"Whhhooh, c’est une question très personnelle. Mais bon, je me sens bien. Merci. Nous sommes très heureux. Votre vie est une merveilleuse promenade quand vous la partagez avec quelqu’un. Qui plus est quand cette personne vous inspire et vous permet de découvrir plus de choses sur vous-même mais aussi sur les autres. En tant qu’être humain, c’est une des choses les plus belles que d’être aux côtés de quelqu’un que vous aimez. Quelqu’un d’honnête, de respectueux et de sensible !"

Dans Allied votre personnage fait l’amour sauvagement avec le personnage joué par Brad Pitt. L’autre scène inoubliable, c’est celle où l’on voit Marianne accoucher au milieu du blitz londonien ! Ces scènes n’étaient pas trop difficiles à tourner?

"Ce n’est jamais très évident de tourner ce genre de choses. Fort heureusement, nous étions dirigés par Robert Zemeckis qui est un réalisateur intelligent, talentueux et respectueux. Vous savez, dans ce type de scènes, tout est chorégraphié . Du coup, vous vous sentez en confiance. Et comme vous vous sentez en confiance, vous vous laissez aller, vous vous sentez libre de jouer. Quand vous préparez bien les choses et que vous savez ce que l’on attend de vous, c’est plus facile d’être authentique dans ces scènes compliquées !"

Dans Allied, vous enseignez à Max (Brad) qui incarne un officier Canadien de l’Ontario à parler le québécois autrement dit le français. On se demandait si Brad était un bon étudiant parce que, pour être sincères, nous ne comprenions rien quand il s’exprimait dans la langue de Voltaire?

"Je sais que Brad aime parler Français et qu’il voulait toujours s’exprimer dans cette langue. Je crois que toute sa famille parle Français. Notamment ses enfants. Je sais que ce n’est pas évident que de travailler avec une langue qui n’est pas votre langue maternelle. Cela nécessite une rééducation de vos compétences physiques. Honnêtement, Brad s’est donné à fond. Je peux vous assurer que ce n’était pas évident car son personnage était censé parler français avec… Un accent québécois. Dans ma carrière, j’ai à plusieurs reprises dû parler anglais avec un accent du Middle West, avec un accent british ou polonais. Rien que pour dire un mot sans l’écorcher, cela peut nécessiter des heures et des heures de répétitions ! C’est un énorme challenge."

Quand vous quittez un plateau, gardez-vous les vêtements ou les accessoires utilisés par vos personnages?

"J’adore les montres. Je ne sais pas pourquoi. Elles m’attirent. À part ça, je ne demande rien ! Ah si ! Après le tournage de La Môme , j’ai pu garder la croix que portait Edith. Il s’agissait d’une reproduction. Un cadeau de la costumière…"