Mère et fille dans la réalité, Michèle Bernier et Charlotte Gaccio le sont également au théâtre dans Je t’ai laissé un mot sur le frigo, pièce d’Alice Kuipers pour les besoins de laquelle les deux actrices partagent la même scène pour la première fois. “Monter sur scène ensemble, c’était quelque chose dont on s’était déjà parlé mais qu’on ne cherchait pas forcément. C’est notre metteuse en scène, Marie Pascale Osterrieth, qui nous a motivées à le faire car elle cherchait un duo mère-fille pour sa pièce. On s’est donc lancé dans l’aventure” (sourire), nous explique Charlotte Gaccio, fille de Michèle Bernier et du célèbre producteur Bruno Gaccio.

La comédienne y interprète Kate, une jeune fille de 15 ans qui ne s’occupe pas trop de ce qui se passe à la maison. “Tout ce qui importe pour elle, c’est sa bande de potes et ses petits copains. Ses parents sont divorcés et vit seule avec sa mère, mais elle ne la croise que très rarement. Kate et sa mère entretiennent d’ailleurs une relation particulière. Elles ont pris l’habitude de se laisser des petits mots sur le frigo. C’est leur mode de communication à elles. Petit à petit, ces mots vont cependant devenir plus émouvants et plus profonds…”


Est-ce que ça a été facile pour vous d’interpréter une adolescente de 15 ans alors que vous en avez 29 ?

“En fait, j’ai l’impression que j’avais 15 ans il n’y a pas si longtemps que ça. (rires) Dans ma loge, je remets des chansons que j’écoutais étant ado, ça me remet dans l’ambiance. Puis, le fait de se retrouver avec sa mère sur scène, ça aide à redevenir un enfant.”

Vous reconnaissez-vous dans le personnage de Kate ?

“Pas toujours parce qu’elle n’est pas toujours très tendre avec ses parents et elle ne leur laisse pas passer beaucoup de choses. Je ne pense avoir été ce genre d’ado.”

Est-ce que justement le fait de jouer avec sa propre mère sur scène ne fausse pas la façon dont vous voyez le personnage ?

“Non, on respecte beaucoup le travail de l’une et de l’autre. Sur scène, malgré le fait que je l’appelle maman, ce n’est pas à Michèle que je m’adresse mais à son personnage.”

Dans la réalité, vous avez l’air d’avoir une relation fusionnelle avec votre maman…

“Oui, mais c’est un terme que je n’aime pas trop parce que j’ai l’impression que ça veut dire qu’on a une relation qui ne laisse pas de place pour autre chose. Au contraire, je suis mariée et on a toutes les deux notre vie. Mais, c’est vrai qu’on a une très belle complicité. On s’entend très bien.”

Est-ce que c’est en la regardant travailler que vous avez voulu vous lancer dans la comédie ?

“Inconsciemment, certainement. J’ai toujours aimé faire l’andouille devant mon miroir avec ma brosse à cheveux. Je pense que c’était une forme de mimétisme. En même temps, je suis née là-dedans donc pour moi, c’est un métier normal.”

© Reporters
Avec son frère, le fils de Michèle Bernier, Enzo

N’aviez-vous pas peur d’être considérée comme la fille de… ?

“C’est une étiquette que je ne cherche pas forcément à retirer. Je porte le nom de mon papa, j’ai le visage de ma mère. Je ne peux pas y échapper. Mais comme je suis fière d’eux et que je n’ai pas de rapports conflictuels avec eux, ça ne me dérange pas. À moi de montrer ce que je sais faire pour que les gens aient envie de m’embaucher pour moi.”

Cette année, vous ferez également vos débuts au cinéma dans le nouveau film policier de Jean-Pierre Mocky intitulé "Vénéneuses".

“Oui. Travailler avec Jean-Pierre Mocky et ses coups de colère, c’est quelque chose. Ça m’a évidemment donné envie de faire encore plus de cinéma. J’adorerais ça, mais ce n’est pas pour tout de suite. Pour le moment, je me consacre à la télé et au théâtre.”


>> "Je t’ai laissé un mot sur le frigo" le 4 février prochain à 17 h et 20h30 au Centre culturel d’Auderghem. Réservations au 02/660.03.03