Les filles de Miss Belgique à Charming Charm. On y construit encore des hôtels.

Il faut dire ce qui est : lorsqu’on a appris que le voyage annuel des candidates de Miss Belgique aurait lieu à Charm-el-Sheikh, on peut supposer que des parents - ou des filles - ont quand même été inquiets. Ce n’est pas seulement qu’on soit en Égypte, c’est surtout qu’on est dans le Sinaï. Quand on en parle avec elle, peu de filles prétendent qu’elles ont pensé aux menaces terroristes.

Shakila Allahyan, 21 ans, Anversoise très racée, d’origine iranienne, s’étonne même qu’on lui pose la question : "Peur ? Pourquoi ? Un attentat, ça peut arriver n’importe où, même à Anvers." Magali Hadji, 20 ans, d’Anderlecht : "J’ai voulu bien préparer ce voyage et j’ai fait beaucoup de recherches sur Internet, y compris sur la question de la sécurité. Je sais ce qu’on peut faire et ce qu’il ne faut pas faire. Ma maman a très peur. C’est surtout parce que c’est la première fois que je prends l’avion et la première fois que je pars sans elle. Ça n’est pas lié au lieu." Elle aurait eu peur même si sa fille était allée en Bretagne.

Giovanna Verolla, 18 ans, de Herstal : "Mes parents avaient un petit peu peur. Moi non. J’adore voyager et ce que nous vivons ici en Égypte est magnifique." Barbara Bierler, Miss Brabant wallon, coiffure bouclée très gonflée, 18 ans, a vécu pire : "Mon père est ingénieur civil et il travaille en Afrique. Je suis née à Tunis, j’ai vécu pendant neuf ans au Niger et mes parents habitent aujourd’hui au Burkina Faso. Nous étions, ma sœur et moi, à l’école francophone de Ouagadougou et, là, quand même, nos parents ont préféré nous renvoyer en Belgique. Mais ici, non, je n’ai pas peur."

Laura Sneyers, 20 ans, de Chapelle-au-Bois, a préféré voir le côté positif des choses : "Je suis partie en me disant que les hôtels sont hautement sécurisés."

Dhenia Covens, 24 ans, résume probablement l’opinion générale : "Avant de partir, j’avais un peu peur. Maintenant que je suis ici, c’est fini."

Les mesures sécuritaires sont très présentes. Même pour sortir de l’aéroport, on passe un portique. Ils savent que, pour les touristes, ça n’est pas le plus amusant : ils le font avec le sourire des Orientaux.

Le long des côtes de la mer Rouge, l’ensemble des sites des grands hôtels est une espèce de village en dehors de la vie. La route unique est bordée de grillages et, à l’approche des premiers gazons qu’ils ont fait pousser dans le sable du désert, des casse-vitesse ont été placés à proximité des postes de police. Au bout de cette route, un rond-point et un panneau Charming Charm. On est dans un endroit de plein soleil douze mois par an. Des plages plantées de palmiers. Une mer extraordinairement bleue. Et, dans le décor, des îles proches avec sable et rochers de désert. Les touristes ne sont pas prisonniers de cette espèce de paradis. Parmi les excursions très demandées, des plongées en mer. "Les requins, ici, n’attaquent pas." garantit-on. On peut aussi aller nager avec les dauphins.

Côté désert, on a repris les excursions vers le mont Sinaï, où Dieu serait apparu à Moïse, et le monastère Sainte-Catherine. "Le mont Sinaï est à cinq heures de route de Charm-el-Sheikh; les terroristes sont à sept heures de route, dans le nord du Sinaï. Entre les deux, l’armée a dressé une véritable barrière de sécurité." Ici, les Égyptiens croient en l’avenir. De nombreux chantiers sont en cours : d’autres hôtels futurs en construction.