"On est tous des intouchables et la lettre la plus importante c'est le "S", celui de solidarité", a lancé Philippe Pozzo di Borgo

PARIS L'acteur Omar Sy, alias Driss dans le film "Intouchables", s'est livré mercredi soir à un numéro de charme et à un exercice d'une grande générosité à Paris, où il a fait danser handicapés et valides dans la grande salle hypostyle du Conseil économique et social.

"Merci à tous d'être là !", a-t-il lancé sous les applaudissements et les cris de joie, en clôturant une journée organisée à l'occasion du lancement du manifeste, "Tous Intouchables ?" (Bayard), co-signé par les instigateurs du film d'Eric Toledano et Olivier Nakache et les fondateurs de plusieurs associations d'aide aux personnes handicapées.

"Si le film peut faire avancer les choses, tant mieux, mais si on en fait tous un petit peu chacun, au bout d'un moment ça grandira", a ajouté l'acteur, qui a entraîné les participants dans une danse endiablée à travers la salle.

"Non, on n'a pas vu Intouchables ! Pas de bras, pas de chocolat ! Je blague !", lance David, grand gaillard barbu de 36 ans, la tête renversée dans son fauteuil roulant, le regard espiègle et un grand sourire aux lèvres.

David et ses amis se succèdent au sein d'ateliers, témoignent, regardent des films, échangent. Entre deux interventions, résonnent les notes endiablantes de "Boogie Wonderland" de Earth, Wind and Fire, sur lequel danse Driss (alias Omar Sy) dans le film d'Eric Toledano et Olivier Nakache et sur lequel l'acteur a fait danser ses amis.

David est venu témoigner de son quotidien lors de cette journée organisée par les associations l'Arche et Simon de Cyrène, qui font de la relation "improbable, risquée, mais permise" entre valides et non valides, le coeur de leur action.

Sortir de sa réserve

Leurs fondateurs, Jean Vanier (l'Arche), Laurent de Chérisey (Simon de Cyrène) et Philippe Pozzo di Borgo, riche tétraplégique, dont l'histoire a inspiré le film, ont co-écrit "Tous Intouchables ?". Ils y développent l'idée que pour sortir le handicap de l'enfermement, il faut "rapprocher les fragilités et s'appuyer sur la relation gratuite à l'autre".

En ouvrant la journée, Abdel Sellou, le Driss du film, a lancé: "essayez juste de regarder un peu autour de vous ! Vous retrouverez plus tard ce que vous avez semé !".

"On est tous des intouchables et la lettre la plus importante c'est le "S", celui de solidarité", a répondu Philippe Pozzo di Borgo.

© La Dernière Heure 2012