Le sujet devrait vous évoquer quelques souvenirs insolites. Régulièrement, dans l’actualité, des personnes se déshabillent pour la bonne cause, histoire d’attirer l’attention sur une situation particulière sur laquelle tout le monde avait préféré fermer les yeux jusqu’alors. Dans le cas de Normandie nue, tous les agriculteurs d’un petit village sont pris à la gorge par la crise sans parvenir à attirer l’attention des médias ni à faire bouger les choses. Le passage impromptu d’un grand photographe américain pourrait cependant changer la donne. Il propose de faire des clichés de tous les villageois… à poil, dans un grand champ, pour symboliser leur dénuement.

L’idée amuse beaucoup au début. Du moins, aussi longtemps que chacun est persuadé qu’il s’agit d’une blague. Ensuite, même si tout le monde prétend "n’avoir rien à cacher", plus personne n’a envie de rire. Ni de se désaper. Autant dire que la mission du maire s’annonce des plus compliquées. Une situation que comprend bien François Cluzet, puisque lui-même, bien qu’interprétant l’autorité suprême dans ce coin perdu, avait tout d’abord refusé d’apparaître dans le plus simple appareil. Avant de changer d’avis, à condition de cacher son intimité via une astuce. "J’avais tellement envie de faire le film, j’ai accepté. Mais, plus le tournage arrivait, plus je me rendais compte que tout le monde allait jouer le jeu sauf moi et ce n’était pas possible. J’ai décidé d’oublier le cache-sexe."

La fameuse scène finale fut tournée le dernier jour. Non par décence, mais pour éviter les refroidissements, les températures étant plus élevées à ce moment-là… Elle a débouché sur des prises de vues assez insolites, dont François Cluzet va se remémorer toute sa vie. "Je me souviens avoir eu du mal à enlever mon jean, il me collait à la peau tellement il faisait chaud. J’ai fini par y réussir, je voyais tous les autres partir, je me suis mis à courir et tout d’un coup, je suis tombé sur une multitude de fesses. C’était drôle et hallucinant !"

On ne peut pas en dire tout à fait autant du film, qui ne trouve jamais l’inspiration ni la subtilité ou l’autodérision d’un Calendar Girls, par exemple.