L'animateur de France 2 n'a pas hésité à déclarer : "Il faudrait stériliser la moitié de la planète!"

PARIS L'animateur et écrivain français Pascal Sevran était au coeur vendredi d'une vive polémique, visé par une plainte pour avoir écrit que "la bite des noirs est responsable de la famine en Afrique" et par des appels à ce qu'il soit privé d'antenne sur la télévision publique.

La déclaration incriminée est contenue dans un livre intitulé "Le Privilège des Jonquilles", paru en janvier, et a été reprise dans une interview au quotidien régional Var-Matin paru le 2 décembre.

Interrogé sur ce propos, Pascal Sevran, surtout connu comme animateur d'émissions de variétés, répond: "Et alors? C'est la vérité! L'Afrique crève de tous les enfants qui y naissent sans que leurs parents aient les moyens de les nourrir. Je ne suis pas le seul à le dire. Il faudrait stériliser la moitié de la planète! ".

Le Collectif des Antillais, Guyanais, Réunionnais et Mahorais (Collectifdom) a réagi vendredi en annonçant le dépôt d'une plainte contre lui, dénonçant des propos "racistes" et eugénistes.

Le Collectif, présidé par l'écrivain Claude Ribbe, demande également que Pascal Sevran soit interdit d'antenne sur la télévision publique France 2 et a écrit en ce sens à Patrick de Carolis, président de France Télévision.

"Il est inimaginable qu'un apologiste de l'eugénisme et un raciste déclaré continue à apparaître sur une chaîne du service public au moment où ce même service public se déclare prêt à faire des efforts pour s'ouvrir à la diversité", accuse le collectif.

Pascal Sevran, 61 ans, anime le dimanche après-midi sur France 2 l'émission "Chanter la vie". Il a écrit plusieurs livres, certains sous forme de carnets de bord intimes.

Ami de l'ex-président socialiste François Mitterrand, homosexuel déclaré, il se dit aujourd'hui proche du président de l'UMP (droite) Nicolas Sarkozy.

Un responsable du Parti socialiste, Faouzi Lamdaoui, a dénoncé un "dérapage inadmissible" et "une véritable apologie du racisme et de l'eugénisme".

Seul à voler au secours de l'animateur, l'ancien ministre socialiste de la Culture Jack Lang s'est porté garant de son "ami de longue date" en affirmant "avec force que, par ses comportements et par ses actes, Pascal Sevran est profondément antiraciste".