Ce lundi 13 octobre, Benoît Poelvoorde a fait une entrée tonitruante au musée Grévin à Paris

De notre envoyé spécial en France Hervé Meillon

PARIS 20 h pétantes. Benoît Poelvoorde, remarquable de ponctualité, foule à grands pas le tapis rouge déroulé en son honneur à l'entrée du musée Grévin, boulevard Montmartre. Après avoir salué amicalement la foule de curieux, il pénètre dans la galerie en paradant. Il se précipite sur les invités qu'il croise, les palpe pour vérifier s'ils sont faits de chair ou bien de cire, embrasse ceux qui sont humains...

C'est sous des applaudissements nourris qu'il fait enfin son entrée. Avant de gagner sa place au premier rang, sa main s'attarde un moment sur le bas du dos de Lorie, enfin, de son mannequin. Puis, se tournant vers l'assistance, il s'exclame rigolard : "Je constate que tout le monde n'est pas venu" ... Béatrice de Reyniès, la directrice générale de Grévin, entame son discours avec un chaleureux éloge dans lequel elle présente Benoît Poelvoorde comme "une personnalité hors du commun dans le paysage cinématographique européen" . Elle lui apprend aussi qu'il est le tout premier acteur de nationalité belge à faire son entrée au musée. Mais elle le rassure en lui précisant qu'il ne sera pas la seule célébrité née en Belgique puisqu'il va côtoyer Georges Simenon, Raymond Devos, Marguerite Yourcenar, Eddy Merckx et Amélie Nothomb...

Benoît réagit immédiatement, c'est plus fort que lui, il faut qu'il y aille de son petit commentaire : "Si ma statue doit un jour se retrouver aux oubliettes, je vous supplie de la déposer au côté de Marguerite Yourcenar ! Je me suis marié à l'endroit où elle est née, au château de Buverie" ...

Dans la suite de son discours, la patronne du Grévin parle du film qu'il est en train de tourner sur la vie de Coco Chanel. Benoît l'interrompt une nouvelle fois pour faire l'apologie de son ornement pileux... : la moustache : "Je dois l'arborer pour la reconstitution du film , mais je promets cependant de réhabiliter ces poils virils à la face du monde." C'est alors au tour de Pierre Tchernia d'intervenir. S'il éprouve quelque difficulté à se mouvoir, Monsieur Cinéma a gardé le ton vif et l'œil malicieux. S'adressant à Benoît, il le qualifie d'individu "épatant " et lui explique la mission du jury du musée Grévin présidé par Bernard Pivot. Sous le regard bienveillant de Stéphane Bern, il évoque la maman de Benoît et "la petite boutique de Namur" où il a grandi.

Sur scène, le rideau se lève. Sur l'air de Just a gigolo et dans un nuage onirique de fumée, la statue de cire de Benoît Poelvoorde commence à apparaître. Dans la salle, le silence est total. Benoît lui-même retient son souffle. Un murmure appréciateur commence à se faire entendre. L'illusion est parfaite. D'autant plus impressionnante que l'acteur et son effigie sont tous deux vêtus de façon identique : jeans, chemise blanche et veste à rayures. C'est confondant. Benoît grimpe alors sur scène pour rejoindre son double. En dépit de sa décontraction apparente, on le sent intimidé : "C'est troublant, c'est mon autre moi... Je suis très fier d'entrer au musée Grévin. C'est épatant !"

Il avait pris du ventre

Mais Benoît est incapable de garder son sérieux trop longtemps. Il retourne vers son effigie, lui caresse le ventre, un ventre légèrement rebondi, et constate : "Au moment où l'on a pris mes mensurations, j'étais dans une période de promotion. Je m'étais un peu enrobé..." Il fait le tour de sa statue, l'étudie dans les moindres détails, souligne : "La bague que mon double porte est parfaitement identique à la mienne. C'est vraiment difficile de se voir. Mais je suis heureux car cette statue, c'est le moi qui restera. Je suis ravi d'avoir été immortalisé à cet âge-là !" Puis, s'adressant à la cantonade : "Allez, allez profiter des petits-fours et du champagne... Pendant que vous allez vous empiffrer, moi je vais sacrifier aux photos..."



© La Dernière Heure 2008