Il ne sera pas extradé vers les USA, il est donc libre des ses mouvements

GSTAAD Le cinéaste franco-polonais Roman Polanski "ne sera pas extradé vers les Etats-Unis et les mesures de restriction de sa liberté sont levées" depuis lundi midi, a annoncé la ministre suisse de la justice.

"les clarifications approfondies qui ont été menées à bien n'ont pas permis d'exclure avec toute la certitude voulue que la demande d'extradition américaine présentait un vice", a expliqué la ministre suisse, Mme Eveline Widmer-Schlumpf, au cours d'une conférence de presse à Berne.
Les autorités suisses ont en outre jugé que la mise en oeuvre du traité d'extradition avec les Etats-Unis devait tenir compte du "climat de confiance" qui s'était établi.

Roman Polanski a fait des séjours réguliers en Suisse, sans être inquiété, "depuis l'achat de son chalet à Gstaad en 2006", a ajouté la ministre.
"Roman Polanski ne se serait certainement pas rendu au Festival du film de Zurich en septembre 2009 s'il n'avait pas eu confiance dans le fait que ce voyage n'aurait pas de conséquences juridiques", relève le ministère de la justice dans un communiqué publié à l'occasion de la conférence de presse.
L'avocat de Roman Polanski ainsi que les ambassadeurs américain, français et polonais ont été informés de la décision des autorités suisses, a indiqué Mme Widmer-Schlumpf.


Joie doublée d'amertume chez ses amis polonais

La décision de la Suisse de refuser l'extradition du cinéaste franco-polonais Roman Polanski vers les Etats-Unis et de lui rendre sa liberté a été accueillie lundi avec une joie "doublée d'amertume" par ses amis polonais, contactés au téléphone par l'AFP.

"C'est une nouvelle très heureuse. Elle est toutefois doublée d'un sentiment d'amertume, si l'on songe aux dix mois de vie ôtés à Roman", a déclaré le réalisateur Jacek Bromski, président de l'Association des cinéastes polonais.
"Sa détention était illégitime dès le début, tout le monde le savait, et pourtant on laissait jusqu'ici des magistrats de bas niveau décider du sort de cet homme", a-t-il ajouté.

"Quelle bonne nouvelle. Je vais tout de suite l'appeler", s'est écrié l'acteur franco-polonais Andrzej Seweryn, sociétaire de la Comédie Française.
"Je suis très content pour lui. Il pourra enfin retrouver ses enfants, sa famille à Paris", a déclaré l'acteur.

"Nous nous sommes vus la dernière fois à Paris. Il est venu à la Comédie Française avec ses enfants pour voir 'Les Précieuses ridicules' de Molière. Ils ont adoré", a dit M. Seweryn, qui joue dans la pièce.
Selon Andrzej Serdiukow, coproducteur polonais du Pianiste de Roman Polanski couronné par un Oscar, "c'est une grande joie pour tous les amis de Roman, surtout qu'il était vraiment en mauvaise condition morale ces derniers temps".
"Cet isolement le tuait. Mais il s'en remettra très vite, c'est quelqu'un de perpétuellement jeune qui regarde toujours vers l'avenir, et non vers le passé", a-t-il déclaré à l'AFP

"Je viens d'en parler avec notre ami commun, le réalisateur Jerzy Skolimowski. Il est ravi comme moi et on boira certainement ce soir ensemble à la santé de Roman", a-t-il ajouté.
Au cours d'une conférence de presse à Berne, la ministre suisse de la Justice Eveline Widmer-Schlumpf a annoncé que Roman Polanski ne serait "pas extradé vers les Etats-Unis".

Le bracelet électronique que portait le réalisateur depuis son assignation à résidence en décembre 2009 dans son chalet de la station huppée de Gstaad lui a été enlevé lundi à midi, a précisé la ministre.
Le cinéaste, aujourd'hui âgé de 76 ans, est poursuivi aux Etats-Unis pour avoir eu en 1977 des relations sexuelles avec une mineure âgée de 13 ans.