Avec aucune francophone dans le top 6 de Miss Belgique, retour sur une élection aux allures de Miss Flandre pour certaines.

"Le comité Miss Belgique est flamand, ils préfèrent donc avoir une fille qui parle flamand", concède Alison Clément, première dauphine de Miss Liège et néanmoins ravie d’avoir fini dans le top 20 lors de cette élection 2016. "Du comité à la chorégraphe en passant par l’interview avec le jury que l’on ne nous présente même pas, c’est clairement un concours flamand. On le ressent d’ailleurs au fil des années, les francophones sont dévalorisées. On vous fait croire qu’on est moins bien et que de toute façon, les Flamandes sont mieux que nous."

Cela devient (presque) une tradition. Au lendemain de l’élection de Miss Belgique qui a vu le couronnement de Miss Anvers (Lenty Frans) samedi soir, les langues se délient. Surtout du côté francophone vu que nos 14 représentantes ont plutôt eu l’impression de s’être "faites avoir" même si elles trouvent que Miss Belgique 2016 est une fille en or. "Encore heureux qu’ils n’ont pas inversé avec la première dauphine (Stéphanie Gelhof Ndlr.), balance une autre candidate qui, elle, préfère garder l’anonymat. "Car c’est une fille pas très respectueuse, grossière, qui n’a pas de tenue et croit que tout lui est acquis. Et je ne parle pas des réponses aux questions de Bo Praet…" Celle qui a été élue deuxième dauphine avait répondu "Paul Magnette" comme Capitale de la Région Flamande.

"Au-delà du fait que l’on soit forcément déçues de ne pas avoir gagné", poursuit cette autre candidate wallonne, "je trouve cela dommage qu’aucune francophone ne soit dans le top. Mais on ne pourra jamais rien y changer, ça se passera toujours comme Madame Devos le veut !" "Je ne peux pas parler pour le jury dans lequel il y avait des francophones", se défend la présidente du comité Miss Belgique, Darline Devos. " Ce n’est pas la langue qu’on regarde. Faut rester objectif, que la fille soit francophone ou néerlandophone."

Les finalistes francophones du concours de beauté se rejoignent pourtant pour dire que "le comité se coule tout seul" en devant uniquement plaire à la présidente. "Surtout quand une ancienne miss me dit dans les coulisses que les votes sms ne comptent pas !" Officiellement, ils compteraient pour environ 30 %, idem pour le jury et le reste pour la présidente (faites le calcul). Mais cette délimitation n’a jamais été claire. "Quand on voit que Stéphanie Beerens - De Loor, qui n’est même pas miss de sa province, se retrouve dans le top 6 devant de véritables Miss de leur région… on n’a juste pas leurs portefeuilles !" Cette finaliste, qui a bien ressenti que Darline Devos n’avait jamais posé les yeux sur elle durant les défilés, s’explique. "On le savait déjà mais je tiens juste à dire que les trois filles qui sont sur le podium sont celles qui avaient le plus de tickets vip, entre 50 et 70. Et le top 5 final remplissait presque la moitié des VIP de la soirée !"

En plus du fait que tout se déroule en Flandre (activités, répétitions, finale…), il faut préciser que pour assister à cette soirée en VIP, cela coûte 300 euros par personne (repas compris). "Ce n’est pas plus une question communautaire qu’une question d’argent !", insiste Alison. "Que ce soit en Wallonie ou en Flandre, si tu as de l’argent, tu iras loin." Alors Miss Belgique, miss jackpot ?