En homme blessé, Michel Polnareff se confie à Paris Match sur Spèrme, son autobiographie explosive.

"La police venait souvent à la maison tellement je hurlais de douleur. Mon père me frappait avec sa ceinture, et si possible du côté de la boucle, raconte le chanteur dans une longue interview à Paris Match depuis sa demeure californienne ("je ne suis pas parti pour échapper aux impôts mais avec l’espoir de pouvoir les rembourser un jour !") de Palm Springs. Avec les lois actuelles, il aurait fini en prison et n’aurait pas gâché toute mon enfance."

C’est sur ces paroles fortes que Michel Polnareff se confie comme l’une des rares fois ces derniers temps. Contraint à faire dix heures quotidiennes d’exercice au piano - "l’école devenait un lieu bien plus serein que la maison" -, Michel Polnareff se réjouit toutefois d’avoir réussi à lui pardonner malgré "certains concours que je devais passer en culottes courtes alors que tous les autres candidats étaient en costume-cravate, ça me foutait la honte grave, même si je gagnais les concours…"

"J’étais un vrai obsédé sexuel"

Le chanteur de 71 ans consacre aussi un chapitre aux femmes (il a vécu un an avec Sylvia Kristel du film Emmanuelle et aujourd’hui avec Danyellah qui lui a donné un fils, Louka, de 5 ans qui l’a rendu plus "responsable") dans Spèrme, en racontant avoir fait son éducation sexuelle avec des prostituées. "Ma première expérience a vraiment été désastreuse. Du coup, elles m’ont déniaisé." Avant de devenir un coureur de jupons avec le succès. "Dans les années 70, j’étais un vrai obsédé. Je voulais plaire, séduire et profiter de la jouissance, explique celui qui a souvent été décrit comme un homosexuel ("si je l’avais été, je le dirais, ce serait trop bête de louper des occasions !"). Tout cela s’est arrêté avec le sida. J’ai connu la trouille de ma vie. Je suis entré dans une paranoïa terrible et je suis devenu ascète." D’où sa chanson Toi et moi (on se capotera).

"Je prendrai une doublure vocale"

26 ans qu’il n’a plus sorti d’album et 9 ans sans être monté sur scène. Mais l’Amiral confirme la sortie prochaine de son nouveau disque intitulé provisoirement 1+1 = 3. Huit titres dont le tube Sumi (selon Paris Match) qui évoque une geisha rock et sulfureuse. "Il me reste encore trois titres à finaliser, concède celui qui n’a plus de manager aujourd’hui. Mais c’est une grande tradition de penser que je ne fais pas les choses. Or, je serai prêt pour ma tournée. Comme en 2007, je vais prendre une doublure vocale pendant les répétitions, pour préparer la mise en scène. Et je ne chanterai que le soir de la première."

L’interprète de Lettre à France de conclure ensuite par ces mots : "Polnareff sera peut-être enterré, pas Michel. J’ai envie de vivre le plus longtemps possible. Les sciences vont permettre d’aller vers l’homme immortel."