Le 11 juillet 1920 au Palais de Liria à Madrid, résidence des ducs d’Albe, l’impératrice Eugénie s’éteignait à l’âge de 94 ans. Cette noble espagnole avait épousé en 1853 l’empereur Napoléon III. Elle rayonna sur la vie culturelle française jusqu’à la chute du Second Empire en 1870. On lui doit aussi le développement touristique de la ville de Biarritz sur la côte basque.

La mort de l’empereur en 1873 en exil en Angleterre puis celle de son fils unique le prince impérial tué par les Zoulous alors qu’il servait sous la bannière britannique en Afrique du Sud en 1879 furent deux épreuves très douloureuses pour l’impératrice. En 1880, un long périple l’amène sur les lieux où son fils perdit la vie. Apaisée, elle entreprend alors le dernier chapitre de sa vie soit 40 années ponctuées notamment par des voyages.

Au printemps 1920, elle est de retour à Madrid où elle n’est plus venue depuis les funérailles de sa mère 40 ans plus tôt. Elle loge chez son petit-neveu Jacobo Fitz-James-Stuart, duc d’Albe. Elle se remet d’une opération aux yeux pourtant fortement déconseillée vu son âge et se réjouit de pouvoir à nouveau lire. Elle avait auparavant fait halte à Séville où elle avait fêté en famille ses 94 ans.

Le 10 juillet alors qu’elle revient d’une promenade dans Madrid, elle se plaint d’un refroidissement. Le roi Alphonse XIII d’Espagne envoie immédiatement son médecin personnel. L’impératrice souffre d’une crise d’urémie qui l’emporte le lendemain.

Le roi d’Espagne et son épouse la reine Victoria Eugénie, l’une des petites-filles de la reine Victoria d’Angleterre et filleule de l’impératrice, sont les premiers à venir se recueillir devant sa dépouille. Le souverain espagnol lui réserve les honneurs dus à son rang. Conformément à ses dernières volontés, Eugénie repose en la crypte impériale de l’abbaye Saint Michel de Chislehust en Angleterre entre son époux et leur fils.