Sophie Marceau n’est pas une fan inconditionnelle de James Bond, mais jouer la méchanceté l’attirait énormément.

Après Claudine Auger et Carole Bouquet mais avant Eva Green et Léa Seydoux, Sophie Marceau est devenue en 1999 la troisième actrice française à affronter James Bond dans sa dix-neuvième aventure, Le monde ne suffit pas. Lorsque le réalisateur Michael Apted lui a demandé d’en faire baver à Pierce Brosnan, elle n’a pas hésité une seconde.

"En tant qu’actrice, on ne peut pas refuser un tel rôle, nous confiait-elle à la sortie du film. C’était un défi : je n’avais jamais joué de méchante. Comme je m’implique beaucoup, je ne voulais pas incarner la méchanceté. J’avais tort. Il faut explorer. Tant que je me retrouve dans le personnage, du moins. Le problème, ce n’est pas le James Bond, mais le fait qu’on ne tourne plus que pour la majorité. Il faut plaire à tout le monde. On oublie les minorités. Moi, je ne vois plus rien qui m’attire dans les salles. Il faut donc se battre pour faire des films différents, permettre le choix, respecter le public dans sa diversité. Et arrêter de ne parler que de chiffres. C’est aux spectateurs qu’il faut penser."

Avant d’ajouter, malicieusement, ne pas correspondre au profil de la Girl classique de la saga. "La James Bond Girl, je n’avais peut-être pas tout à fait les mensurations, même si les vilaines, il faut aussi qu’elles soient jolies." Finalement, ce ne fut pas du tout une mauvaise chose pour elle d’explorer le côté obscur de l’espionnage, puisque la Bond Girl de service, Denise Richards, a reçu le Razzie Award du pire second rôle féminin…

Grande fan d’Ingrid Bergman, Sophie Marceau en avait profité pour casser une nouvelle fois son image. "Je ne fais jamais ce que l’on attend de moi, je ne suis pas de règles, c’est sans doute pour cela que mon image est passée par toutes les couleurs : la petite fiancée de la France, la rebelle, la grande gueule, la gentille… Un peu de tout, jamais rien de très précis. Mon image médiatique m’a longtemps perturbée, cette image. Je me demandais qui j’étais vraiment. Eh bien, je suis tout ça, quelqu’un de très changeant, avec des valeurs qui me viennent de ma famille, de mes parents, de mon passé, et des gens que j’admire et que j’ai pris pour modèles, mais avec le droit de changer."