La Première ministre, Sophie Wilmès, a mis en avant vendredi, à l'occasion de la Fête du Roi, la figure de la princesse Elisabeth dans l'aspiration de la société belge à l'égalité des chances des citoyens quel que soient leur genre, leur origine, leur orientation affective ou leur couleur de peau. 

La Fête du Roi a été placée cette année sous le signe des princes héritiers, 18e anniversaire d'Elisabeth, première dans l'ordre de succession de Philippe, oblige. Pour la première fois dans l'histoire de la Belgique, l'héritier du trône est une femme. Une évolution qui a été rendue possible par l'abrogation de la loi salique en 1991.

"L'égalité entre homme et femme est devenue une préoccupation centrale", a souligné Mme Wilmès dans le discours qu'elle a prononcé à la Chambre lors d'une séance académique.

A l'avenir la Belgique "conjuguera le mot royal au féminin", a-t-elle fait remarquer en saluant le rôle de "modèle" que jouera la future reine, symbole d'une "nouvelle génération". Sans modèle, il est difficile de garantir l'égalité des chances, a-t-elle ajouté: "Les Belges tourneront leur regard vers la souveraine".

Dans l'histoire de Belgique, les princes héritiers occupent une place à part parce qu'ils doivent être préparés à leur destin royal. La professeure Gita Deneckere de l'Université de Gand a retracé leur parcours, parfois tragique puisqu'au XIXe siècle trois d'entre eux sont morts prématurément.

Traditionnellement, le chef de l'Etat n'assiste pas aux cérémonies de la Fête du Roi. Cette année, la famille royale était représentée par le roi Albert, la reine Paola et le prince Lorenz.

Les présidents de la Chambre et du Sénat, Patrick Dewael et Sabine Laruelle, ont également pris la parole.

"Bien que la succession au trône soit régie par la Constitution, cette même Constitution reste muette à propos de la personne du successeur au trône. Pourtant, tous les héritiers de la couronne ont non seulement joué un rôle symbolique mais également un rôle social au sens large, et même un rôle politique. Il suffit de penser au prince Baudouin de Belgique, disparu prématurément, qui entre 1887 et son décès en 1891 a été érigé en figure presque messianique par le Mouvement flamand", a expliqué M. Dewael.

Le prince Baudouin, qui devait succéder à Léopold II, avait prononcé quelques mots de néerlandais lors d'une visite à Bruges.