II fonce. Il carbure même… mais sur les antennes. L’infatigable animateur vedette de RTL nous emmène sur la route, avec la police.

Il s’est installé en bordure d’autoroute, sur une aire de repos de la E42. Il patiente, le temps que la police de la route fasse son travail. Ce jour-là, la journée est dédiée au contrôle complet des transporteurs des marchandises. En gros, il y a du lourd, entre le pesage (et d’éventuelles surcharges), la vérification du contenu,…Une dizaine d’agents de contrôle sont sur le pont, des motos rabattent les véhicules qui semblent suspects. Les caméras de RTL, elles, ne tournent pas. Stéphane Pauwels reste en retrait. Tant qu’un chauffeur pris en faute n’accepte pas d’apparaître à l’image, il n’intervient pas. Le tournage peut parfois prendre 10 heures sur place, mais au final ne déboucher que sur 2 portraits…

Mais les choses sont un peu plus simples en cette 2e saison de Police de la route, nous dit l’animateur. "Les gens acceptent plus facilement de passer à l’écran car ils voient qu’il y a de l’humain dans l’émission et pas du foutage de gueule". Cependant, "un mec bourré au volant avec sa maîtresse comme passagère refusera forcément d’apparaître à l’écran". Et puis il y a des cas plus dramatiques…" Une femme saoule au volant, ça me touche, car ce sont souvent des femmes seules, perdues,…J’ai de l’empathie pour elles et le flic aussi." Il y a aussi cette histoire d’un gamin qui avait volé des mobylettes. "Il disait qu’il n’allait plus le faire… Aujourd’hui, il est en taule. C’est pour ça que je ne pourrais pas être flic : je dirais souvent Allez c’est bon, rentre chez toi ! Je serais un très mauvais flic!"

Cette émission existe aussi pour ça : pour montrer que les policiers sont humains…

"J’ai des amis flics et je voulais embellir l’image qu’on a d’eux. Ils sont sympas ! Oui, il y en a toujours un qui est plus à la lettre. Mais ce ne sont pas des emmerdeurs. Heureusement qu’il y a des mecs comme ça pour faire régner l’ordre ! C’est dangereux ce qu’ils font !"

Vous étiez du genre à rêver, plus jeune, devant les séries policières à la télé ?

"J’adorais les Starsky et Hutch , Chips ,…Je suis d’une génération où le policier avait un statut. On en avait peur. Le flic avait le même statut que le directeur d’école. Un jour d’ailleurs quand j’étais petit, on jouait au ballon avec des copains et on a cassé la vitre d’une maison sans le faire exprès. Le garde-champêtre est venu sonner à la maison pour prévenir mes parents. Cela m’a marqué ! J’avais tellement honte ! Je n’en ai pas dormi ! Et j’ai été puni pour 3 mois… et ce n’est pas moi qui avais envoyé ce ballon !"

Adulte, vous êtes-vous déjà fait coincer par la police de la route ?

"Depuis qu’un copain s’est tué en voiture et qu’un autre s’est retrouvé paraplégique, ça m’a calmé ! Quand je sors, j’ai des Bob. Ou bien je dors sur place après une soirée bien arrosée. Ça m’est arrivé de me faire coincer une fois. J’ai eu un retrait de permis pendant 6 heures."

Et les excès de vitesse ?

"Je roule trop vite… enfin non. Je roule doucement mais comme je suis distrait, quand je suis en retard à un rendez-vous, il m’est déjà arrivé de monter à du 150 km/heure…"

Là, vous êtes sur une aire d’autoroute. Mais vous avez vécu des situations plus dangereuses dans Police de la route ?

"Oui, avec la patrouille de nuit. Je n’étais pas à l’aise. Je portais le gilet par balles ! On a parfois contrôlé des gens et on sentait que c’était chaud. Je ne sortais pas de la voiture !"

Il n’y a pas que Police de la route dans votre actualité… Il y a quelques jours, vous avez ramassé les poubelles dans la région de Liège. C’était dans le cadre d’une nouvelle émission ?

"Oui. J’avais envie de montrer les métiers à pénibilité, qu’on ne connaît pas assez ou pas du tout. J’ai passé deux jours avec les éboueurs, on a mis une émission en boîte. Mais je ne peux pas en dire plus. C’est la direction de RTL qui décidera si ça tient la route. Plus si affinités… J’ai des idées et avec les boîtes de production j’essaie de les mettre en musique pour les proposer à la chaîne."

Vous vous êtes réellement mis dans la peau d’un éboueur, pas juste le temps de filmer ?

"De 6h à 14h30 ! J’aime ce genre de situation où on fait le travail à fond. Les éboueurs, ce sont des athlètes ! Il faut arrêter d’être réducteur avec eux. Les gens n’usent pas toujours de la plus grande gentillesse à leur égard. Nous, on est dans des métiers de confort. Si je me mets dans la peau d’un éboueur, je le fais à fond et je vais ramasser les poubelles pendant 8 heures."

Des émissions qui traitent de l’humain, on peut dire que c’est votre créneau aujourd’hui ?

"Oui, ce qui m’intéresse, c’est l’humain. Et il y a, dans Police de la route aussi, beaucoup d’humanité. Les policiers sont des résistants, ils se font insulter en faisant leur métier. Et on a besoin d’eux ! La vedette dans mes émissions, ce n’est pas moi, ce sont les gens. La preuve, dans Police de la route , ils ne sont pas floutés."

En France, par contre, vous êtes plutôt un monsieur foot (avec des chroniques en radio sur RTL France, dans l’Équipe TV, sur W9 et TF1)...Et vous êtes bien accepté dans ce milieu-là…

"En France, on est dans un monde plus ouvert à la critique dans le foot. Ils aiment apparemment mon ton et mon regard sur ce sport. En Belgique, le monde du foot n’aime pas la critique, quand tu dis un truc de travers, les dirigeants ou autres appellent ta chaîne pour se plaindre. En France, il n’y a jamais un président de club qui appellerait dans cette optique-là ! Au contraire, ils viennent en plateau, pour s’expliquer ou te contredire. Et puis, en Belgique, on est aussi très fanatique. En fonction de ce que tu dis, on t’accuse d’être pro Anderlecht, pro Standard,…"

Sincèrement, on éprouve quand même une certaine fierté quand on est passionné de foot et qu’on peut en parler sur des plateaux de télé français…

"Ma plus grande fierté, c’est d’avoir été repris dans la nouvelle bande de l’Équipe TV (la chaîne de la TNT spécialisée dans le sport, NdlR) aux côtés d’anciens joueurs et entraîneurs. Je m’y sens respecté et c’est gratifiant. Là, quand je me retrouve à côté de Raymond Domenech, je suis respecté. Alors qu’en Belgique, on dit que je lance des pétards mouillés !"

Vous êtes sur W9 (petite sœur de M6) aussi dans un autre rôle d’animateur puisque la chaîne française a diffusé déjà quelques épisodes des Orages de la vie…

"Oui. W9 a acheté 10 émissions des Orages et a diffusé 4 portraits déjà. Et la chaîne est aussi intéressée par Police de la route . Mais je ne fais jamais rien sans l’aval de Stéphane Rosenblatt (le directeur des programmes de RTL-TVi) . Mon employeur c’est RTL."


"Il ne manque rien à mon bonheur !"

Très pris entre la Belgique et la France, l’animateur ne semble plus avoir une minute à lui. Il nous assure prendre deux week-ends par mois pour se consacrer à sa vie privée

D’une part, il y a vos émissions sur RTL et Bel RTL. Mais il y a aussi celles à la télé française, sur le foot. Vous n’avez pas peur d’en faire trop à un moment ? L’année dernière, vous aviez eu un gros coup de fatigue dû à trop de stress…

"J’ai désormais décidé de m’accorder deux week-ends par mois, durant lesquels je pars. En Italie, en Espagne ou même quelque part en Belgique, avec ma fille ou ma vie privée , pour souffler un peu. Je prends le temps pour les miens, pour mes proches, ce que je ne faisais pas avant. C’est un luxe de pouvoir s’accorder ça : deux week-ends par mois, je ne travaille pas - puisque mon émission radio sur Bel est enregistrée - je ne descends pas à Paris pour le travail. Et quand j’y suis, j’essaie de me faire des soirées au théâtre, j’adore aller voir des spectacles d’humoristes, comme mes potes Mathieu Madénian et le Comte de Bouderbala. J’ai la chance de m’y être fait des copains, pas juste des mecs du milieu de la télé !"

Entre les Orages de la vie et Police de la route en Belgique et les émissions de foot en France, que vous manque-t-il aujourd’hui pour être heureux ?

"Il ne me manque rien ! Je suis super happy ! J’ai vécu des échecs comme ceux de Café Brazil et de Rien à foot ! en télé ces dernières saisons, mais ça montre une chose : qu’en Belgique, le talk sur le foot, ce n’est pas possible ! Moi, je n’ai pas l’ambition, ni l’orgueil et encore moins les compétences de prétendre un jour présenter le JT ! Je suis heureux des émissions que j’ai, de cette chance. Ma vie, c’est l’humain, j’ai toujours fait dans l’humanitaire."

À terme, pourriez-vous arrêter le foot en Belgique ? Vos plus grosses audiences, vous les faites avec des émissions plus humaines…

"Non, pour l’instant, je suis heureux avec la Champions League . Et quand les clubs belges y jouent, on leur est favorables, je ne me mets donc pas en danger en devant me justifier par la suite. La Champions , c’est un produit que j’aime beaucoup, avec des clubs qui me font vibrer comme le Barça , Manchester,…Mais je ne m’accrocherai pas à cette place de présentateur, le jour où…. J’ai aujourd’hui de la belle visibilité en France, mais mon fonds de commerce est en Belgique. C’est en Belgique que je veux vivre et travailler. Je ne ferai pas l’erreur de vouloir faire carrière en France et de ne pas y arriver. D’autres ont essayé avant moi. Je ne rêve pas de Touche pas à mon poste !"

Vous évoquez brièvement votre vie privée. On vous a récemment aperçu au bras d’une belle brune… Vous pouvez nous en dire un peu plus ?

"Je pense que les derniers mois ont démontré que quand je jouais la carte de l’honnêteté et de la sincérité, ça me retombait dessus ! Je garde donc ça pour moi. Je ne me cache pas, mais je n’en parle plus. J’ai une vie privée et j’aimerais qu’elle reste pour nous."