Mais chassez son côté strict ! Sylvie Tellier, la "Madame Miss France" est au contraire plutôt "cool et simple". Interview pleine de joie de vivre avec une maman et businesswoman qui brille désormais sur le parquet.

Elle a le sourire dans la voix et un enthousiasme contagieux. Sylvie Tellier se régale dans son nouveau challenge, heureuse d’avoir pu dire "oui" à l’aventure Danse avec les stars. "Madame Miss France", comme elle dit, fait le grand saut, ou plutôt le grand écart, chaque samedi soir. "Une sacrée gymnastique !" dans tous les sens du terme pour cette femme d’affaire engagée, maman de deux enfants, et en pleins préparatifs de l’élection de Miss France 2017 (le 17 décembre prochain). "Quand TF1 m’a proposé de faire l’émission, j’ai souri. Je me suis dit que jamais ce ne serait compatible avec mon agenda ! Mais TF1 a trouvé une salle de répétition pour Christophe et moi à 10 minutes de mon bureau ! " De quoi laisser le temps, et surtout le plaisir, à Sylvie Tellier de rentrer chaque soir à la maison à une heure raisonnable pour lire une histoire à ses enfants : "Ça, j’y tiens !". Depuis qu’elle a fait ses premiers pas avec Christophe Licata, elle n’a plus une minute à elle, mais se "régale ! Je trouve un tel plaisir dans la danse de couple. Je ne croise pas une personne de 40 ans sans que je lui dise qu’il faut qu’elle s’inscrive à des cours de danse de couple ! C’est un révélateur de personnalité, on apprend à se lâcher. Même si on a mal partout…"

Vous avez pourtant l’air en forme et sportive Sylvie…

"Je pensais être en forme ! (rires) Je fais beaucoup de sport, mais je suis une vieille chose ! Avec la danse, on est fatigué, on a mal aux chevilles, aux doigts,…Qu’on fasse 50 kilos ou 90 kilos ! Je suis fine, mais par exemple je dois apprendre à me gainer… Mais pour ça, j’ai un tortionnaire qui m’attend tous les matins !" (rires)

C’est Christophe Licata que vous appelez votre tortionnaire ?

"Oui. Il est top ! Christophe, c’est le cadeau de TF1 ! Les autres danseurs sont très bien aussi… Mais avec Christophe, j’ai l’impression qu’on connaît nos personnalités. Je me sens d’ailleurs plus proche d’un Christophe Licata que d’une Madame Miss France ! Je suis énergique, simple, et je pense assez cool dans la vie. Et il ne se prend pas la tête non plus."

Vous parlez de cette image de "Madame Miss France" pas si proche de vous au quotidien…

"Oui, le côté strict. C’est un peu le rôle qu’on attend de moi dans ma fonction. Ces dernières années, on me voyait surtout dans les médias pour répondre à des polémiques liées aux Miss, parce qu’une jeune fille a été exclue car elle n’a pas respecté le règlement etc. J’ai été vue comme une ambitieuse. Ce n’était pas facile de succéder à Geneviève de Fontenay ! Ce n’est pas étonnant que je sois cataloguée comme stricte. Mon travail, c’est d’être la Miss gardienne du règlement. Je suis là pour dire qu’on peut se respecter, ne pas être dans la vulgarité et être capable de s’amuser…"

C’est justement pour montrer que vous savez vous amuser que sur votre première danse samedi dernier, un chacha sur du Jennifer Lopez, vous avez effectué un joli booty shake ?

"Avec Christophe, on partait de zéro ! C’était son idée. Au bout de quelques jours, il m’a dit qu’il était surpris de la personne qu’il avait en face de lui. Il m’a dit : tu n’es tellement pas comme ça dans la vie, on va le montrer tout de suite ! Avec autodérision, élégance et sans vulgarité."

Vous étiez surprise, heureuse, de ce que vous avez réussi à faire sur cette première danse ?

"Non. Samedi soir, la perception que j’avais de ma prestation faisait que j’étais déprimée ! Je suis quelqu’un d’assez exigeante avec moi-même et je n’étais pas contente de moi. Je m’étais trompée dans certains pas. J’étais la première surprise quand j’ai vu les autres danser après moi… Je me suis dit : waw! ça va être super dur."

On dit que Danse avec les stars est une grande famille, mais c’est aussi une compétition. Vous avez envie de repartir avec le trophée quand même ?

"Au début, on se dit qu’on n’est pas là pour gagner. Qu’on ne veut juste pas sortir la première semaine ! Mais depuis que l’émission a commencé, je ne veux plus sortir ! Je suis malade à l’idée de me dire que je pourrais sortir ce samedi-ci ! Il faut dire aussi qu’on danse avant tout pour son danseur. Je danse pour Christophe et si on devait sortir au bout d’une fois, alors qu’il a l’habitude d’aller en finale, je serais vraiment le boulet ! Et puis, on danse contre nous-mêmes aussi, mais pas contre les autres. Je suis en compétition avec Sylvie Tellier, pas avec Karine Ferri ! Et comme je manque un peu de confiance en moi, je suis ma pire ennemie…"

Vous manquez de confiance en vous, mais le déclic va peut-être venir au fur et à mesure des danses…

"Pour le déclic, je crois que c’est trop tard ! Je commence la danse à 38 ans… On commence en général vers 5-6 ans… J’ai 32 ans de retard ! (rires) Mon problème aussi est que je veux tout faire trop bien. Mais je dois apprendre à me dire que je ne suis pas là pour devenir une danseuse professionnelle !"

Exigeante avec vous-même et avec les autres ?

"Oh! je ne vais pas vous mentir, je suis assez exigeante avec les autres. En même temps, si ce n’était pas le cas, le concours Miss France ne serait plus là. J’ai été élevée par Geneviève de Fontenay, qui était très exigeante. Pour elle, je me dois d’être aussi exigeante, mais je le fais un peu autrement. Je n’ai pas toujours été d’accord avec elle, j’essaie d’avoir une ouverture, que le concours reflète les attentes des jeunes femmes de 20 ans."

L’élection de Miss France 2017 se tiendra dans moins de deux mois. Vous pourriez toujours être dans l’aventure Danse avec les stars à ce moment-là. Comment allez-vous faire ?

"Alors là, l’agenda sera plus compliqué ! On part à la Réunion en novembre avec les Miss… J’ai donc dit à Christophe qu’il pourra venir me faire danser à la Réunion ! Il n’avait pas l’air d’être contraire à l’idée !" (sourire)

Vos deux enfants ont-ils regardé vos premiers pas samedi dernier dans Danse avec les stars ?

"Non, je n’ai pas voulu. J’avais la chance qu’ils soient chez leurs grands-parents. J’essaie de les préserver de mon métier public. Je n’ai pas envie qu’ils croient que parce qu’on passe à la télé, on a réussi. Mon fils m’a vu l’autre jour dans le journal et m’a dit fièrement : maman, regarde tu es dans le journal ! Là je lui ai un peu menti, je lui ai dit que c’était un jeu. Je n’ai pas envie qu’il se dise : ma mère est connue, chouette ! Tant que je peux préserver mes enfants de cela, je le ferai."

© TF1

"Il ne faudra pas que je reste l’image de madame miss france trop longtemps!"

Dans quelques années, Syvlie Tellier compte bien passer le flambeau. Mais sans abandonner pour autant complètement les Miss.

Sylvie, il paraît qu’il y a un peu de sang belge qui coule en vous…

"Mon grand-père était belge ! Il était flamand, de la banlieue de Bruxelles. En 2003, j’avais décidé de faire mon arbre généalogique et je devais contacter les mairies et écrire en flamand. Il m’aidait beaucoup avec ça. C’était un super moment que j’ai partagé avec mon grand-père. Je me souviens qu’il parlait néerlandais avec ma grand-mère à la maison."

Vous évoquiez précédemment Geneviève de Fontenay. Vous vous voyiez, comme elle, rester longtemps à la tête du concours Miss France ?

"J’adore mon métier. Mais pour le bien de Miss France, il faudrait que je laisse ma place à une autre qui aura d’autres envies. J’ai apporté à Miss France quelque chose que Geneviève n’avait pas amené, car nous n’étions pas de la même génération. Je ne vais pas pour autant partir du concours, je suis une femme de business ! Mais il ne faudra pas que je reste l’image de Madame Miss France trop longtemps ! C’est pour ça que je lance un peu des perches ces derniers temps à d’anciennes Miss, des filles comme Camille Cerf ou Marine Lorphelin. J’aimerais bien qu’il y en ait une qui ait cette énergie, cette envie dans les prochaines années,…Ça va vite, il y a la musique, les réseaux sociaux. Miss France, ce n’est pas mon bébé comme c’est celui de Geneviève. On m’en a juste confié les rênes…"

Vous vous destiniez à une autre carrière que celle que vous avez embrassée…

"Oui, je voulais être avocate des affaires ! Mais je n’ai finalement jamais passé le concours après mon élection."

Vous le regrettez ?

"Oui, je le regretterai toujours… Parce que quand on a pleuré en étudiant des pages et des pages. J’aurais été fière de porter la robe. Mais, qui sait? j’aurais peut-être été une avocate moyenne et pas heureuse dans mon métier…"

Aujourd’hui, vous vous lancez dans une autre aventure, celle de l’édition. Vous publiez une collection de contes pour enfants sur les régions de France, intitulée Les voyages d’Oscar et Margaux. Ce sont les prénoms de vos deux enfants… C’est comme un héritage que vous leur laissez ?

"Complètement ! Mon mari me dit : quel beau cadeau tu leur fais ! Ils sont les héros d’histoires. Dans la bibliothèque, il y aura une collection de livres à leurs noms."

Oscar et Margaux partent à la découverte des régions de France. Avez-vous l’occasion de faire découvrir ces régions à vos enfants ?

"Je ne les prends pas avec moi quand je suis en déplacement avec les Miss. Par contre, mon mari me fait souvent la surprise de me rejoindre avec eux. Je me souviens d’une fois où nous étions à Autun, en Bourgogne. Il y avait ces belles toitures, on avait mangé des escargots. Au retour, mon fils m’a dit : c’est bien la Bourgogne ! J’avais essayé de lui montrer sur une carte où je partais en voyage, mais à 4 ans c’est un peu compliqué à comprendre ! À cet âge-là, ça passe par une histoire de héros, par le ventre, par les yeux,…"

Découvrir et connaître les régions de France, c’est une des choses que vous a apporté Miss France ?

"Oui, vraiment ! Je viens d’une famille modeste, on ne voyageait pas beaucoup. Avec Geneviève, depuis mon élection en 2001, j’ai été sensibilisée au tourisme gastronomique, aux vins, aux cépages, aux fromages, aux sucreries de nos régions de France. Elle est une grande épicurienne et moi aussi ! On ne se rend pas compte de la richesse qu’on a en France. J’ai fait le tour du monde et vraiment on n’a rien à envier aux autres pays !"

Les Oscar et Margaux de vos contes ont-ils aussi pris les traits de vos propres enfants ?

(sourire) "Oui… ce sont les mêmes. J’ai un grand brun et une petite blonde ! Et les caractères sont aussi un peu inspirés d’eux…"

Depuis que vous êtes la directrice de la société Miss France, vous avez aussi créé une association caritative, réunissant des Miss, Les bonnes fées…

"Je ne suis pas seule, mais j’étais l’instigatrice du projet. Je me suis dit que quand une Miss est élue, elle reçoit tellement d’attention, de cadeaux de la part des gens. On a besoin de Miss qui redistribuent ça. Nous sommes 14 Miss dans l’association et, tous les mois, on fait une opération différente. En tant que Miss France, on ne peut pas se dédier à une seule cause."

--> La collection Les voyages d’Oscar et Margaux, éditions Calligram.