Alors qu’elle nous invite dans les coulisses de la Météo, Tatiana Silva nous fait part de sa grande remise en question.

C’est avec un mug géant contenant un thé au thym et au miel que Tatiana Silva nous a accueillis dans les locaux des Éditions Dupuis (Marcinelle) où elle présente la Météo de la RTBF.

Après avoir consulté les prévisions météo sur Météo-France et ajusté ses cartes, l’animatrice de 30 ans part se refaire une beauté - même si, très belle au naturelle, elle n’en a pas besoin - pour passer en studio…

Vous attendiez-vous à présenter la Météo un jour ?

"Non, pas du tout ! Au départ, je devais passer un casting pour RTL-TVi mais, ça ne s’est pas fait. J’avais peur de ne pas être à la hauteur. Ensuite, je suis arrivée sur AB3. Ce n’était pas simple… Pendant les quatre années qui ont suivi, c’était le désert, je n’ai plus fait de télé du tout. Ça me manquait. Aujourd’hui, c’est devenu mon métier à plein-temps et j’adore ça !"

Vous souvenez-vous de vos débuts à la présentation de la Météo ?

"Les quatre premiers jours étaient très difficiles car j’étais énormément stressée. L’équipe n’avait pas beaucoup de temps pour moi, donc j’ai été propulsée à la météo sans prendre vraiment mes marques. Maintenant, on peut en constater l’évolution. Je me dis que je viens de loin quand même… (Sourire) Au début, je ne savais même pas me voir à la télévision. Et puis, il y a trois ans, je me suis enfin décidée à me regarder et je me suis dit : Eh! bien, tu n’as pas à rougir. Ce que tu dis tient la route."

On vous demande souvent le temps qu’il fait ?

"Toujours ! Il ne faut pas avoir peur de donner le temps en toutes circonstances. J’ai une anecdote. Début novembre, j’étais partie quelques jours à Lisbonne pour me reposer. Je sors de l’aéroport de Lisbonne et des Belges me demandent la météo! (rires) C’est marrant d’être une référence en matière de météo. Certaines personnes sont vraiment des geeks de la météo. Moi, je ne suis pas du tout comme ça. Je veux vraiment déconnecter quand je suis en congé."

Vous êtes Miss Météo, partout et tout le temps…

"C’est moi! (rires) Après, c’est difficile de se définir dans une seule chose. On n’a pas une personnalité que joyeuse et stricte. On est parfois grincheux et foufou. Le problème de la météo, c’est qu’on ne peut pas explorer toutes les facettes d’une personnalité car c’est une émission très cadrée. C’est de l’info. On me reconnaît mais, en même temps, il y a toute une partie de moi qui n’est pas là. C’est pour ça que j’ai besoin de faire d’autres choses sur le côté. J’ai commencé la chronique C’est du Belge au mois de septembre, le Drôle de Bêtisier et les 25 ans du Carnet du Bourlingueur avec Philippe Lambillon. Je m’investis dans l’Unicef et la lutte contre le cancer du sein, mais je suis toujours en quête de ce que j’ai envie de faire… même si j’ai quelques idées en tête…"

Lesquelles ?

"J’aimerais avoir une émission qui pourrait être utile aux gens. C’est-à-dire, une émission où je peux donner des trucs et astuces, aider les gens à s’en sortir lorsqu’ils ont connu un burn-out ou un divorce. Un style de C’est mon choix, de Ça se discute ou de Toute une histoire. Avoir un rôle à la Oprah Winfrey, par exemple. C’est vraiment vers quoi je tends pour le long terme…"

Vous allez également faire de la radio prochainement…

"Le présentateur qui se charge de la météo télé du jour devra s’occuper des bulletins météo radio quand Denis Collard sera absent. C’est une autre manière d’aborder la météo. Notre voix doit être formatée et personnalisée, l’info condensée. C’est un exercice périlleux…"

Vous colle-t-on encore l’étiquette de Miss aujourd’hui, onze ans après votre règne ?

"Oui. Je suis et je resterai Miss. C’est une étiquette qui me suit avec les années. J’ai été Miss Belgique et maintenant, je suis Miss Météo. Tout ce que je vis aujourd’hui découle quand même, en grande partie, de ce point de départ. C’est un tournant marquant de ma vie et j’en suis très reconnaissante. Les gens ont toujours voulu que cette étiquette me dérange. Le plus compliqué, c’est de pouvoir se dire : J’ai été élue à un concours de beauté mais qu’est-ce qu’il y a à revendre derrière ? Une hypersensibilité, une écoute, un talent ? Il faut se poser et se dire qu’il y a d’autres choses derrière. Maintenant, il y a des côtés positifs et négatifs. Il faut savoir contrebalancer tout ça…"

Vous remettez-vous souvent en question ?

"Oui, souvent même. Il y a des périodes où on me propose rien du tout à part la météo. Donc, je me demande si j’ai encore ma place, si j’ai encore quelque chose à revendre. Il y a une grande remise en question… Mais bon, la télévision n’est pas le reflet de ce qu’on est. La preuve : quand on commence à me connaître, on me dit que je suis différente par rapport à ce que je montre à la télévision."

Ah! bon, c’est-à-dire ?

"Il paraît que je suis froide à la météo." (rires)

Comment vous définiriez-vous en deux mots ?

"Spirituelle et cool. Sous mes airs de grande dame, je suis encore une petite fille qui observe, qui doute, qui ne sait pas qui elle est. Je suis comme un papillon qui a du mal à prendre son envol. C’est comme si je devais encore découvrir une partie de moi."

C’est quoi être une femme, selon vous ?

"Savoir qui on est. À partir de ce moment-là, on peut poser ses limites. C’est une longue quête…"

Êtes-vous une femme comblée aujourd’hui ?

"Au niveau professionnel, j’ai beaucoup de chance car une série de choses positives me sont arrivées ces derniers temps. Mais est-ce qu’on est vraiment tout le temps comblé ? Je pense qu’on est dans une société où on a toujours envie de plus. Moi, ce que je veux vraiment, c’est être utile. Et, au niveau privé, je peux dire que ça va." (sourire)