Jean Rausin partage la vie de Thomas Van Hamme depuis plus de 10 ans. Rencontre avec un chic type, entrepeneur/ maquilleur qui dit "avoir beaucoup de chance"...

Il est grand et élégant. Et spécialiste en maquillage, expert en (joli) teint. Mais il ne faut certainement pas se fier aux apparences avec Jean Rausin. "Je ne me regarde jamais dans le miroir en quittant la maison le matin ! J’aime bien être élégant, bien habillé… Mais je m’en fous de l’apparence… Oui, c’est paradoxal", reconnaît-il. Le gérant des boutiques Cosmeticary (à Bruxelles près de la Bourse, à Anvers et au Luxembourg) est avant tout un homme à la tête bien faite, au parcours étonnant. Si ce diplômé de HEC à Liège, qui a commencé dans l’audit de fonds d’investissement au Luxembourg, s’est retrouvé dans le milieu des cosmétiques, c’est en partie - mais pas totalement - à cause d’un homme : Thomas Van Hamme. Ils se sont rencontrés il y a 14 ans et, depuis, ne se sont plus quittés.

À 44 ans, Jean a peut-être aujourd’hui un regret : celui de travailler trop. "Je crois que je n’en profite pas assez. Je dois lever le pied." C’est le bon moment : depuis la rentrée, son compagnon ne doit plus s’astreindre aux horaires très matinaux de son émission quotidienne sur Bel RTL. "Depuis ces changements d’horaires, c’est un vrai bonheur de se redécouvrir !" nous glisse Jean.

Comment passe-t-on d’expert en marketing à expert en maquillage ?

"J’étais parti travailler à Londres et à Paris aussi. J’ai rencontré Thomas, qui, lui, n’était pas délocalisable avec son métier. Et je regardais mon patron et je me disais que je n’avais pas envie de prendre sa place. J’avais environ 32 ans et je me suis posé cette question : soit je m’investis dans ma vie privée, soit dans ma vie professionnelle. Mais Thomas était le bon ! Je suis revenu en Belgique, j’ai pris une année sabbatique au cours de laquelle je retournais à Londres, notamment pour acheter un shampoing que je ne trouvais pas ici. Et là, je me suis dit qu’il y avait plein de choses là-bas qu’on n’a pas ici. Que la culture de la beauté y est différente. Je me suis donné un an. J’ai démarré Cosmeticary et ça a bien fonctionné…"

Là, c’était un rôle d’entrepreneur, pas encore de maquilleur…

"J’avais une maquilleuse qui est restée avec moi pendant 7 ans et qui était parfaite ! Mais après qu’elle soit partie, je trouvais qu’on ne gardait pas le niveau. Moi, je maquillais un peu, comme ça, quand les maquilleuses étaient débordées. Mais ça m’énervait de ne pas maîtriser la chose. Je voyais les gens dépenser un certain budget chez nous, mais je me disais que ce n’était pas honnête car ce n’était pas parfait. Et c’est là qu’on voit mon background de chef d’entreprise : à tout problème, on trouve une solution. Je vais donc vraiment être maquilleur. J’ai pu apprendre à maquiller avec des tutoriels, des maquilleurs professionnels qui nous présentaient leur marque…"

Vous vous êtes éloigné de votre projet de départ, non ?

"Oui, mon projet, c’était d’avoir des magasins. Mais maintenant, je prends beaucoup de plaisir en maquillant. Ca m’amuse de dire autour de moi quel est mon métier. Thomas adore d’ailleurs me taquiner là-dessus : il dit qu’il a été floué quand il m’a rencontré ! Mais il adore que je lui donne des conseils" (rires)

Mais il vous soutient…

"Oui ! Il m’a toujours soutenu et mis en avant. J’ai beaucoup de chance avec lui. Souvent, quand on est avec une personnalité connue, on existe à travers elle. Thomas n’a jamais voulu ça."

Vous dites que vous n’aimez pas quand les choses ne sont pas parfaites. C’est votre nature profonde ?

"Non, juste dans le boulot je suis perfectionniste et obsessionnel. Et profondément honnête. Je n’aime pas flouer les gens… On respecte tout le monde. Y compris les personnes qui ont un plus petit budget."

Dans le milieu des cosmétiques, ça aide d’être un homme ?

"Oui, car on n’est pas en concurrence avec la cliente, au contraire d’une maquilleuse, peut-être plus jeune. Être gay et avoir la quarantaine, ça aide !"

Quand vous êtes sorti de HEC, vous ne vous attendiez probablement pas à avoir cette vie-là…

"Je me voyais plus dans un monde corporate, costard-cravate. C’est la vision que j’avais à 20 ans. Mais je suis très content aujourd’hui de ne plus faire partie de ce monde. C’est un monde très violent et je suis quelqu’un de profondément gentil. Je n’ai pas été élevé comme ça. Ma maman a de belles valeurs, elle n’a jamais envié qui que ce soit, elle nous a dit de jamais nous moquer des autres. Je m’estime très heureux aujourd’hui."

Vos vieux jours, vous les imaginez où, comment ? Vous qui avez vécu plusieurs années à Londres, vous pourriez vous y installer avec Thomas ?

"Je les vois avec Thomas, mais à Bruxelles. Même si j’adore Londres, il y a une telle énergie ! Et de temps en temps partir au soleil. Mais j’aime être ici, et pouvoir profiter de ma famille. C’est ça aussi que j’ai appris de mes années à l’étranger."

Des enfants, vous n’en voulez pas avec Thomas ?

"Non, j’ai fait mon deuil. Quand j’avais 20 ans, je crois que j’en voulais. Mais j’ai deux sœurs, qui ont des enfants, et je me rends compte de l’incroyable sacrifice que cela représente d’avoir des enfants !"


  • Cosmeticary, rue Auguste Orts 11/B à 1000 Bruxelles. Instagram @jean.cosmeticary