Au cinéma dans Love Guru ou sur scène, Justin Timberlake casse complètement son image de séducteur branché

LOS ANGELES Dans les nombreux classements des stars les plus sexy, les mieux habillées ou les plus classes, Justin Timberlake figure systématiquement aux places d'honneur. Mais peut-être conviendrait-il d'utiliser l'imparfait après sa présentation des ESPY Awards déguisé notamment en femme ou la vision du nouveau film de Mike Myers, Love Guru. Cheveux bruns ébouriffés, grosse moustache d'homme des bois et slip ultra-moulant sous une veste de training rouge, il incarne tout en exagération le plus beauf des joueurs de hockey, un gardien de but obsédé par le sexe et particulièrement fier du sien.

Un rôle à des années-lumière de son image jusque-là plutôt raffinée. À 27 ans, Justin Timberlake semble avoir eu envie de remettre sa célébrité en perspective en s'amusant de lui-même. "À un moment où un autre, les choses deviennent oppressantes parce que vous sentez que les gens vous regardent, explique-t-il. Et vous savez que ce que vous faites va les affecter. C'est un poids énorme. Les premières fois, vous vous en accommodez. Puis, je me suis rendu compte que cela avait trop d'impact sur ma vie d'adulte, que cela me mettait trop de pression de rencontrer les désirs ou les fascinations des gens et, alors, j'ai décidé de ne pas m'investir dans ce type de rapport et d'en rester le plus éloigné possible. "

Résultat : c'est en bouffon grotesque qu'il se montre dans Love Guru. "Je ne sais pas si les choses surviennent pour une bonne raison. J'ai eu la chance d'avoir des bonnes opportunités et les films que j'ai faits m'ont permis de décrocher des bons rôles... ou celui de Jacques Grande. Mike Myers me voulait dans ce contre-emploi. Il m'a dit : Hey, ça te dirait de jouer le méchant dans mon nouveau film ? C'est un rôle auquel je voue une véritable vénération ."

Accent franchouillard

Le chanteur s'est donc laissé convaincre par son partenaire vocal de Shrek 3. Et a poussé le vice jusqu'à engager un professeur de français afin de posséder le bon accent franchouillard quand il parle... anglais. Mais la première fois qu'il a enfilé le training de Jacques Grande, devant son miroir, il a éprouvé quelques difficultés à se convaincre qu'il avait fait le bon choix. "Ça va être drôle, ça va être drôle", s'est-il répété inlassablement.

Pas de chance : le film qui sort sur nos écrans le 3 septembre ne l'est absolument pas.



© La Dernière Heure 2008