Délinquance, alcool, drogue, prostitution et prison témoignaient de son mal-être

PARIS D'une enfance douloureuse, sans affection, sans repère, est né un acteur désespérément paumé, autodestructeur. Guillaume Depardieu, c'est l'itinéraire d'un enfant pas gâté, livré à lui-même, fragile.

Premier passage par la case prison alors qu'il est encore mineur. Il y restera un an et demi pour toxicomanie et trafic d'héroïne.

Il y a des signes qui ne trompent pas : Guillaume Depardieu, ado, se faisait renvoyer de tous les lycées. Il volait, se bagarrait, buvait, menait une vie de vagabond. À 20 ans, après quelques arrestations sans conséquence pour rébellion et infractions routières, on le croit assagi. Il dérape quelque temps plus tard, en 1995, après un grave accident de moto (voir en page 4). La drogue lui devient alors indispensable. En 2001, il écope de trois mois de prison ferme pour conduite en état d'ivresse en non-possession d'un permis de conduire.

Guillaume, au-delà de quelques déclarations sanglantes, toujours en lutte contre sa souffrance physique, se range, presque. Il devient père. "Tout ce qui est autodestruction, c'est fini. J'arrête de boire et bientôt de fumer." Mais en 2003, il fait un geste incontrôlé. Armé, il tire un coup de feu lors d'une altercation avec un admirateur. Le tribunal le condamne à neuf mois de prison avec sursis. La descente aux enfers est plus que jamais amorcée.

Sa psychanalyse sous forme d'écriture - une biographie dans laquelle il révèle notamment s'être prostitué - ne l'éloignera pas de ses vieux démons. Ces dernières années, il a, à plusieurs reprises, été rappelé à l'ordre par la justice. En juin dernier encore, il était condamné à deux mois fermes pour conduite d'un scooter en état d'ivresse.



© La Dernière Heure 2008