Le chanteur athlétique a partagé sa joie de vivre avec le public du Palais 12, samedi soir. Ambiance bouillonnante.

Il est "en colère" mais ça ne l’empêche pas de garder le sourire. On a dit qu’il rencontrait, à l’instar de certains artistes qui s’expriment sans faire de consensus, quelques difficultés à rassembler, comme à l’époque de ses stades. Ça ne se ressent pas. Pour être une rock star, pas besoin de gratter la guitare… Yannick Noah, pieds nus sur une large scène, ne s’arme que de sa bonne humeur communicative, de son humour ("bonjour les Belges… et les Français !"), de quelques déhanchements très appréciés par la gent féminine et d’un répertoire devenu très populaire, pour faire se soulever la foule.

D’emblée, elle attend que le chanteur enlève le haut. Ce sera pour plus tard. "D’abord la veste, puis le pantalon", plaisante-t-il. Il tiendra parole, sauf pour le bas. Yannick Noah évoque avec son public belge ses "combats ordinaires", qu’ils soient quotidiens (Aux arbres citoyens), universels (Angela), alarmants (Ma colère) ou pleins d’amour et d’espoir (Mon eldorado).

L’esprit est à la fête mais l’engagement n’en est pas pour autant futile, Yannick préférant la tendresse et le partage aux armes. L’humain prime. Il "Ose" donc se mêler à la foule (hétéroclite), qu’il parcourt durant une dizaine de minutes, de haut en bas, son "Jamafrica" faisant remuer tout le monde sur son passage. L’athlétique chanteur nous déclarait il y a quelques semaines, alors qu’il entamait sa tournée : "J’ai toujours eu en moi une sensibilité que j’arrive aujourd’hui à exprimer. Au quotidien, forcément. Mais aussi à travers mon art. J’ai l’impression d’avancer dans ma vie…" À plus de 50 ans (si, si…), il laisse effectivement parler sa corde sensible et chante à sa maman disparue, Où es-tu ? "Les chanteurs populaires sont ceux qui ne disent rien", nous confiait Yannick Noah.

C’est avec bonheur qu’on peut contredire cet homme engagé, ovationné comme une rock star - il n’oubliera d’ailleurs pas sa tradition d’"afoner" une bière belge en fin de spectacle - qui a fait souffler un vent de bonne humeur, durant deux heures, sur Bruxelles. Seul regret : que Yannick ait perdu sa vieille (et pas si mauvaise) habitude de prolonger la fête durant trois heures. "On court, on danse" déjà le rejoindre sur ses prochains concerts belges.

Yannick Noah sera en concert le 17 mai au Forum de Liège, le 29 à l’espace Magnum de Colfontaine. 070/660601 ou sur www.c-live.be