Effet yo-yo garanti ! En cette journée de l'obésité, les spécialistes souhaitent informer le grand public des dangers du régime restrictif alimentaire.

On le sait tous, même inconsciemment: faire régime, ce n'est pas anodin. Pourtant, à chaque kilo de trop, avant un grand événement, des vacances, l'été et les bikinis, on ne peut s'empêcher d'y penser, voire de passer à l'acte. " Nous sommes prisonniers d'une image idéale et sommes prêts à infliger à notre corps les pires tyrannies pour ressembler aux silhouettes des magazines car la mode, et ses diktats, est particulièrement contraignante. Mincir est l'obsession la plus partagée de la planète”, explique la psychothérapeute Michèle Freud, auteur de nombreux bouquins sur le sujet.

Aujourd'hui, c'est la Journée européenne de l'obésité. Et cette année, le CNAO (Collectif national des associations d'obèses en France) a choisi de prendre un autre chemin pour informer le grand public. " Il a été largement démontré que les régimes étaient inutiles, voire dangereux à long terme", alerte Sophie Joly, la présidente du collectif, qui déplore une " pression sociétale en faveur de la minceur qui n'a jamais été aussi forte". "Le grand public n'admet toujours pas que l'obésité soit une maladie et pas uniquement une question de volonté", ajoute-t-elle.

Pourquoi reprend-t-on toujours du poids?

Le fameux effet du yo-yo... C'est ce coup au moral, mais aussi au physique, la mauvaise blague après la fierté d'avoir perdu du poids, de s'être tant privé... pour rien. Pourquoi? Car la cellule adipeuse se comporte comme " un ballon de baudruche" : " elle ne disparaît pas lorsqu'on mange moins, elle diminue seulement de volume mais va grossir plus vite dès qu'on reprend une alimentation normale", explique Jocelyne Raison, médecin nutritionniste.

Pourquoi faire régime ne sert à rien?

Même si on estime avoir deux ou trois kilos à perdre, les régimes alimentaires restrictifs sont déconseillés. " Notre corps est un mécanisme complexe avec des régulateurs multiples, (...) il est programmé pour résister au manque sur le long cours", explique le Dr Marie Thirion, auteur de "Pourquoi j'ai faim" (Albin Michel), paru en septembre. Et s'ils sont inefficaces, c'est parce que le corps s'adapte trop vite: " Le fait de maigrir transforme le corps" et entraîne des " modifications hormonales et cérébrales", " ce qui explique pourquoi il est si difficile de ne pas reprendre du poids après un régime", ajoute-t-elle.

Quel impact sur nos muscles?

Vous vous pesez, vous êtes fier d'avoir perdu le premier kilo. Ne vous emballez pas, le régime fait d'abord fondre les muscles, vu qu'ils brûlent plus d'énergie. Du coup, lorsqu'on se met à reprendre une alimentation « normale », c'est le revers de la médaille. Le corps a besoin de moins d'énergie tant que les muscles ne se sont pas reconstitués, d'où la prise de poids « à ration égale ».

La solution: l'éducation?

Depuis 50 ans, " Nous mangeons globalement autant que nos grands-parents qui n'étaient pas sédentaires", souligne le Dr Thirion. Et c'est sans compter le type de nourriture industrielle qui a envahi les supermarchés. C'est donc dès la petite enfance qu'il faut intervenir avec une alimentation équilibrée et de l'exercice physique, et " cesser de penser que dès qu'un bébé pleure, il a forcément faim", ajoute-t-elle.

Traiter la cause, pas les kilos

Des tas de causes peuvent être à l'origine d'une prise de poids, comme le stress, un manque de sommeil. Dans ce cas, " il faut traiter la cause au lieu de se focaliser sur les kilos", relève le Dr Raison. L'obésité est une maladie et les traitements passent par des prises en charge multidisciplinaires, telles que la chirurgie, des médicaments, un accompagnement psychologique, des prescriptions diététiques et des exercices physiques.