"Amorcer des discussions pour leur faire dire ce qu’ils ressentent, ce n’est pas forcément le moyen de les comprendre parce que ce genre de discussion est souvent moralisateur. Finalement, c’est souvent le parent qui parle le plus”, considère le psychiatre Philippe van Meerbeeck.

Aujourd’hui, assure Baptiste Barbot, professeur en psychologie de l’adolescence à l’UCLouvain, “ils ont surtout besoin de connexion avec leurs pairs”. Ce qui passe par les écrans et les réseaux sociaux.

Et renforce leur attirance pour le tout-virtuel qui ne date pas de la crise sanitaire. “C’est vrai que la tâche des parents est encore plus difficile car il faut absolument réguler le recours aux écrans, pour souffler. Et donc avoir un rôle de modèle aussi : on l’oublie souvent mais comment être pertinent si on est rivé sur son téléphone ou devant la télé en interdisant aux adolescents de se connecter ?”

Alors que faire ? “Simplement montrer qu’on est là.” En les écoutant sans les interrompre. Montrer aussi “l’impuissance qui est la nôtre, qu’il n’y a pas grand-chose à faire. Ça soulage un peu le poids qu’on se met sur le dos et aussi sur le leur”... Et finalement, on peut garder à l’idée que les adolescents clament leur indépendance “mais ont encore bien besoin de leurs parents. Alors, montrer sans être intrusifs qu’on est disponibles, présents, c’est rassurant, surtout dans cette période où plus rien n’est sûr. Même s’ils donnent l’impression de ne pas être réceptifs”

La créativité manuelle et mentale : un atout

Pour Baptiste Barbot, tout ce qui est manuel peut aider à canaliser la détresse, à sortir des écrans et de soi-même : très positif quand on se sent coincé, mentalement et physiquement ! “La créativité, c’est aussi tout ce qui peut occuper leur esprit de manière constructive, trouver des solutions à un problème… Cela fait sortir des réseaux sociaux qui sont parfois aliénants, où l’on n’ose pas être tout à fait soi. La créativité, c’est une façon de montrer qu’on est unique. C’est bon à prendre pour un adolescent. Et puis, rappelons-le, s’ennuyer, ce n’est pas si mal, ça engage l’imagination.”