Psycho

Pour la plupart d’entre nous, il est difficile de traverser sa vie amoureuse sans vivre au moins une expérience douloureuse et des déceptions...

Au début d’une histoire, nous espérons que ce sera pour toujours. Ou en tout cas pour le mieux. Ensuite, les écueils s’accumulent et la rupture arrive. Pas toujours fort heureusement, mais les personnes qui y échappent sont relativement rares. Au bout de plusieurs expériences douloureuses, il arrive que certain(e)s préfèrent renoncer (pour un temps en tout cas) car ils ne veulent plus prendre le risque de souffrir. Cette semaine, je vous emmène explorer cette peur paralysante.

Un risque inévitable

Peur de souffrir à cause d’une rupture, peur d’être trahi(e), déçu(e), trompé(e), manipulé(e), peur de montrer sa vulnérabilité et qu’elle soit utilisée,… Les peurs liées au sentiment amoureux sont nombreuses et, je vous l’accorde, pas toujours illégitimes ou irrationnelles. Après avoir souffert, difficile de ne pas penser « On ne m’y prendra plus ! » et c’est bien normal. Chaque chose en son temps. « L’après-déception » n’est pas le meilleur moment pour décider de se résigner. Attendez un peu avant de rentrer au couvent !

Chaque expérience qui se termine mal creuse un peu plus le sentiment de peur. Celui-ci est lié au sentiment d’insécurité qui se crée en parallèle. Si, en plus, vous avez grandi au milieu d’adultes qui vous ont donné un exemple de relations amoureuses douteuses, cette insécurité n’en sera que plus grande. Difficile, donc, de se lancer sans crainte. Plus le climat dans lequel vous avez grandi rime avec trahison, manipulation, toxicité ou perte, plus l’attachement sera insécurisant et effrayant.

C’est vrai, aimer, se lancer dans une nouvelle relation c’est risqué. La peur de la perte est très souvent liée au verbe aimer. Mais le risque de perte est inévitable. Vous empêcher d’aimer et vous interdire de vous ouvrir à une relation amoureuse est aussi risqué que de vous lancer.

Une histoire de codes

Parfois, nous enchaînons les déceptions et nous décidons de faire un travail sur nous-même afin de mieux se connaître, d’évoluer et de travailler ce qui est nécessaire pour ne plus retomber dans les mêmes schémas. Je vous encourage d’ailleurs vivement à le faire. Ainsi, une fois que ce travail est bien avancé, c’est une autre forme de crainte qui naît parfois : celle de l’inconnu.

Quand nous sommes habitué(e)s à vivre un certain type de relations, celui dont nous avons les codes, nous pouvons nous sentir perdu(e)s à l’idée de vivre une relation saine et épanouie, qui pourrait bien réussir. Ces codes-là nous échappent et nous sont inconnus, ce qui est quasiment aussi effrayant que la peur de souffrir elle-même.

Vous le savez sûrement, nous avons une fâcheuse tendance à répéter les schémas dans lesquels nous avons grandi. Il est donc indispensable de s’y intéresser afin de les nettoyer et de se débarrasser des croyances qui sont en nous. Une fois que ce sera fait, il y a peu de chances que vous retombiez sur une relation qui vous fera souffrir.

Une relation, ça se construit

Si vous sentez que la nouvelle rencontre que vous avez faite pourrait se transformer en relation amoureuse, si vous vous interrogez, si vous vous surprenez à ressentir certaines choses pour cette personne, vous n’êtes pas obligé(e) de faire le grand saut tout de suite. Vous avez le droit de prendre un peu de temps pour vous sentir en confiance. Mais sans oublier que vous êtes aussi constructeur de cette sécurité et que l’autre a peut-être aussi peur que vous.

C’est ensemble que vous pouvez construire un cercle de confiance dans lequel vos peurs s’apaiseront. Petit à petit, vous ferez connaissance avec l’autre, avec vous-même dans ce nouveau type de relations et avec les nouveaux codes. On ne peut pas faire confiance instantanément, il est bon de se laisser un peu de temps et de ne pas rejeter en bloc la nouvelle relation parce que vous avez le trouillomètre à zéro.

Prenez le temps de vous sentir en confiance, d’apprendre les codes dont je vous parlais précédemment, d’exprimer vos craintes et de les partager. Mettre des mots sur les choses les rend moins effrayantes. Et qui sait ? Vous serez peut-être vite rassuré(e) par les mots de cette personne en face de vous.

Aimer c’est aussi le risque de…

Si au lieu d’envisager touts les bonnes raisons d’avoir peur vous envisagiez toutes les bonnes choses auxquelles vous vous exposez ? Aimer c’est risqué, ne pas aimer l’est encore plus. C’est vrai, montrer sa vulnérabilité peut être inquiétant. Nous ne pouvons pas deviner les intentions de l’autre et nous pouvons encore moins prédire l’avenir.

Mais aimer, oser la rencontre de l’autre, se lancer, c’est aussi risquer d’être heureux, de vivre des moments magiques, de construire une relation solide et extrêmement épanouissante. Parfois, se mettre momentanément dans l’inconfort de la nouveauté, c’est faire un premier pas vers le sentiment de sécurité qui peut aussi se créer dans une relation où le respect de chacun devient la règle de base. De cette façon, les peurs seront éloignées et vous serez habité(e) par une énergie nouvelle : celle de l’amour serein et équilibré.

Quelle que soit la douleur que vous avez ressentie à la fin d’une relation passée, vous avez survécu ! Alors lancez-vous. Ne laissez pas la peur de souffrir vous empêcher de vivre une relation heureuse. Et même si elle ne dure pas éternellement, vous aurez vécu et vous vous serez senti(e) aimé(e), vous aurez découvert une nouvelle part de vous et vous vous serez donné(e) toutes les chances. Ces sensations valent bien un risque, non ?

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