Une étude révèle que les personnes cumulant plusieurs statuts parentaux ont plus de risques de tomber en dépression.

On pense souvent que la dépression liée à la parentalité concerne généralement les femmes. Mais les hommes sont aussi touchés par ce mal du siècle.

Selon une nouvelle étude américaine*, les personnes devant gérer plusieurs identités parentales ont plus de risques d'être dépressifs. Pour arriver à ce constat, deux chercheurs, Kevin Shafer ( de l'Université de Brigham Young ) et Garrett T. Pace (de l'Université de Princeton) ont analysé la manière dont plus de 6000 hommes et femmes assumaient leur parentalité dans différentes situations (parents, beaux-parents, vivant avec leur progéniture ou pas).

Les beaux-parents sont les plus enclins à souffrir de dépression car ils doivent porter plusieurs casquettes à la fois. Ils ont 57% de probabilité en plus de faire une dépression que ceux qui n'ont qu'un rôle parental à jouer.

Les facteurs de dépression diffèrent selon le sexe. Les femmes sans enfant seraient plus déprimées que les autres. D'une part, à cause de la pression sociale pour tomber enceinte et d'autre part, l'idée que certaines sont trop âgées pour devenir maman.

De leur côté, les hommes seraient plus sujets à la dépression que la gent féminine lorsqu'ils doivent assumer trois identités différentes : beau-père, père d'un nouvel enfant et d'un premier qui ne vit pas avec lui. Ces statuts multiples apportent des questions relationnelles qui peuvent être source de stress. Le risque est encore plus élevé pour les pères d'une famille recomposée dont les enfants biologiques ne vivent pas avec lui. Ce dernier cas de figure apporte un sentiment de culpabilité. Ces hommes sont aussi moins susceptibles de faire appel à un spécialiste quand ils en ont besoin.

À l'ère des familles recomposées, les parents mais aussi les médecins ne prêtent pas assez d'attention aux signes caractéristiques de la dépression. Les auteurs de l'étude conseillent aux professionnels de la santé de prendre en compte le(s) rôle(s) parental(-aux) de la personne qui consulte pour une meilleure prise en charge.


* Publiée le 5 février 2015 dans la revue Social Work.