Psycho Même les plus jeunes peuvent pratiquer des exercices adaptés dont les bienfaits sont bien réels et s’observent assez vite. L’enfant va mieux et tout le monde en profite, car les conséquences positives se répercutent sur ses relations sociales et familiales.

La méditation est longtemps apparue comme une pratique difficile réservée aux initiés. Mais le succès croissant des techniques de pleine conscience a largement ouvert ses portes aux adultes, puis aux enfants. On découvre aujourd’hui qu’elle s’adapte très bien aux capacités des petits. Les études scientifiques sur ses bienfaits se succèdent. Des écoles américaines ou canadiennes proposent depuis quelques années des exercices à leurs élèves, s’appuyant notamment sur le programme d’enseignement MindUp. Il n’est pas nécessaire d’être soi-même un expert pour guider son enfant. On peut s’y mettre à la maison, avec des exercices courts et adaptés à chaque âge.

Ils s’apaisent

"Les tout-petits peuvent déjà s’initier au principe de base de la méditation : se reconnecter à son corps par la respiration", affirme le Dr Ada Picard, pédopsychiatre. Ils prennent conscience d’une sensation de calme à l’intérieur d’eux-mêmes, et du plaisir qu’ils en retirent. La méditation peut apaiser les tensions et les aider à laisser de côté les émotions de la journée pour s’endormir. Attention : "Il ne faut pas oublier que le développement de son cerveau ne lui permet pas d’apprivoiser ses émotions avant 6 ans environ", rappelle Aurélia Chiron, psychologue.

L’exercice du Dr Ada Picard : le doudou sur le ventre Créer un rituel aide à capter plus facilement l’attention des petits : un endroit calme, une petite lumière ou une musique douce. Il est aussi très important d’accompagner son enfant pour lui servir d’exemple. On s’assoit main dans la main, par exemple le soir sur son lit. On pose un doudou sur son ventre, et on lui propose de regarder la peluche monter et descendre au rythme de sa respiration. Les yeux fermés, il imagine que son ventre fait des vagues. L’exercice dure 3 à 5 minutes. Il produira d’autant plus d’effet qu’il sera répété régulièrement. Tous les jours, c’est bien, mais on ne force pas l’enfant s’il n’en a pas envie.

Ils apprennent à apprivoiser leurs émotions

Ils commencent à comprendre le concept des émotions et deviennent peu à peu capables de les identifier et de les observer. Plusieurs travaux scientifiques ont montré que la méditation aidait notamment à réduire l’impulsivité, l’anxiété et le stress. Ces bienfaits seraient même plus grands chez les petits que chez les adultes.

L’exercice d’Aurélia Chiron : l’algue Debout, dans une position confortable, il imagine qu’il est une algue au fond de l’océan. Ses pieds sont ses racines, solidement ancrées, mais les mouvements de l’eau le font doucement se balancer. Que se passe-t-il dans son corps ? Est-ce agréable ? Y a-t-il une émotion qui se présente ? Qu’est-ce que cela produit ? L’exercice se pratique 3 à 5 minutes, idéalement chaque jour, en respectant l’envie de l’enfant. S’il n’est pas partant, on peut le faire soi-même, c’est la meilleure façon de lui donner envie.

Ils augmentent leurs capacités d’attention

La pratique régulière de la méditation provoquerait une réorganisation de certaines zones du cerveau impliquée dans la mémoire, l’apprentissage et la concentration. "Être plus centré et attentif rend plus disponible pour apprendre", résume Aurélia Chiron. L’enfant accorde davantage d’attention aux consignes, il est capable de se concentrer plus longtemps. Paradoxalement, ces bienfaits apparaissent parce que l’on ne les cherche pas, car la méditation apprend à l’enfant à se détacher de la pression et de la compétitivité, en recherchant plutôt le plaisir du moment présent qu’un bénéfice futur.

L’exercice d’Aurélia Chiron : la météo intérieure Assis côte à côte ou dos à dos, on encourage l’enfant à sentir l’air froid qui pénètre dans ses narines et l’air chaud qui en ressort. Quelles sensations la respiration engendre-t-elle ? On lui demande ensuite comment il se sent : dans son corps, sa tête et son cœur. Des pensées ou des émotions apparaissent-elles ? Quelles sensations produisent-elles ? L’enfant les identifie, et les laisse passer comme des nuages dans le ciel. L’exercice peut durer 5 à 10 minutes, aussi souvent que possible.