Les hommes ont moins de facilité à simuler mais il leur est tout à fait possible de le faire, des études citées par la sexologue Michelle Boiron affirment qu’il y aurait entre 25 % à 30 % d’hommes qui auraient déjà simulé un orgasme. Pour cacher une éjaculation précoce ou mettre fin à un rapport anorgasmique qui devient trop long à leurs yeux.

Chez la femme, la simulation est davantage un "don de soi" puisqu’en premier lieu, il s’agit de satisfaire le partenaire en lui montrant sa capacité à la satisfaire elle. "Le flatter pour le garder en quelque sorte", souligne le sexologue Jean-Claude Picquart qui indique une autre motivation : vouloir se faire passer pour "un bon coup", à la sexualité ouverte et épanouie. Un "élan narcissique" qui, comme la flatterie, est "plutôt un piège où l’on s’oublie pour n’exister que dans le regard de l’autre. Au final, la politique de la simulation ne permet pas au partenaire d’apprendre à donner les plaisirs sexuels à l’autre".

Mais simuler peut aussi être un signe de fatigue, de lassitude ou de l’impossibilité à lâcher-prise : on préfère mimer ce qu’on connaît ou ce que l’on a pu voir, soit gémir davantage, trembler même, par peur de ne pas y parvenir.

Pour les hommes comme pour les femmes, cela peut témoigner d’une angoisse et d’une peur de décevoir l’autre souvent associées, dans leur représentation, à un échec de la relation sexuelle.

Cependant, pour Milène Leroy, simuler n’est pas nécessairement une façon de tromper l’autre sur ses sensations. C’est aussi "entraîner sa propre excitation et celle de son ou sa partenaire". Quelques cris, des contractions du périnée chez la femme, des soubresauts du pénis chez l’homme forment "un environnement expressif plus favorable aux ressentis des autres sens et éveillent les corps à une excitabilité de plus en plus forte". Un moyen de rejoindre l’autre qui en est à un stade plus élevé, conclut en substance la sexologue. Et qui peut mener à une jouissance avec ou sans orgasme au final.

Côté avantage, les deux sexologues confirment qu’une simulation peut aussi encourager et donner confiance à l’autre, au début.

Au final, quelques simulations d’orgasmes ne sont pas un signe de mauvaise santé sexuelle ! Mais s’il ne s’agit plus que de cela, mieux vaut réussir à en parler pour ne pas que la frustration s’invite à terme dans le couple.