Les mauvaises nouvelles économiques tombent chaque semaine, on a cette sensation qu’elles frappent chaque fois un peu plus fort. Prenons un moment pour envisager quelques pistes afin de mieux appréhender les choses. La chronique de Julie Arcoulin.


D'abord, sachons-le, personne n'est à l’abri d’un licenciement, les carrières qui se passent au même endroit de 20 à 65 ans sans heurts sont de plus en plus rares. Aujourd’hui, de près ou de loin, on est tous touchés à un moment donné par un licenciement : que ce soit nous, notre père, un enfant, un ami, ...

Voici quelques pistes qui, je l’espère, vous aideront à encaisser et à rebondir.


Prenez le temps d’encaisser

C’est important et vous en avez le droit. Perdre son travail, c’est un deuil à faire. Tristesse, colère, déni,… sont des émotions par lesquelles vous passerez et c’est bien normal. La conjoncture actuelle n’est pas des plus sécurisantes, perdre son travail est un véritable facteur de stress.

Il ne faut pas négliger l’impact sur l’estime de soi. Cela engendre plusieurs conséquences, notamment celle d’être anxieux à l’idée de se présenter dans une nouvelle entreprise et d’être questionné sur les raisons du « départ ».


Votre travail n’est pas votre identité

Le changement de statut est brutal lorsqu’on perd son travail. Un jour on a le sentiment d’être quelqu’un, d’être utile et le jour d’après, c'est fini. On confond trop souvent ce que l’on fait et ce que l’on est. Peut-être est-ce aussi l’occasion de s’interroger à ce propos ?

La honte est un sentiment qui accompagne souvent les chercheurs d’emploi, elle vient de ce changement brutal et imposé. Ce n’est pas votre travail qui fait de vous ce que vous êtes.

Ne soyez pas trop dur avec vous-même et n’e cédez pas à l'envie de vous cacher parce que vous avez été licencié. Cela arrive aux meilleurs d’entre nous, tout dépend de la façon dont vous allez réagir à cet événement. C’est cela qui fait partie de votre identité, pas la perte de votre travail.


Tout est une question de perspective

Prenez un moment pour vous poser et vous demander de quoi vous avez vraiment envie. Faites un bilan de compétences, élargissez vos horizons et entourez-vous de personnes positives et confiantes. Vous avez suffisamment de peurs à gérer pour vous éloigner de celles des autres.

Je sais, je vous l’ai déjà dit mais il faut pouvoir regarder ce choc sous différents angles... Peut-être que ce licenciement est l’occasion de faire cette réorientation professionnelle dont vous rêviez sans oser vous l'avouer ? Peut-être est-ce l’occasion de postuler aux offres d’emploi qui vous faisaient envie mais sans jamais oser vous lancer.


Juste ce qu’il faut de remise en question

En fonction de la raison de votre licenciement, il est peut-être opportun de faire une petite remise en question. Qu’aurais-je pu faire différemment ? Est-ce que, finalement, ce job me convenait tant que ça ?

Quelles compétences puis-je améliorer ? N’y a-t-il pas une formation à suivre ? Quels apprentissages puis-je faire ? Quelles leçons tirer pour ne pas reproduire le même schéma dans mon prochain job ?

Posez-vous toutes ces questions, comme pour faire un bilan et repartir sur de bonnes bases.


Evitez de ruminer

© Reporters

Le danger dans ce genre de période, c’est qu’on a plus de temps pour… ruminer ! Essayez d’éviter de tomber dans la rancune et de passer votre temps à critiquer le système. Ce n’est pas constructif. Si la colère fait partie des émotions « normales » lorsqu’on fait un deuil, ne vous laissez pas envahir par elle.

Sachez en parler avec un proche, cela vous permettra de ne pas vous laisser emporter par la spirale du stress, de la détresse, de l'anxiété et de broyer du noir. Les autres peuvent vous aider à relativiser et vous réconforter.

Trouvez le juste équilibre entre la manifestation de votre colère et la rumination incessante qui va vous vider de votre énergie.


Faites-vous plaisir

Continuez malgré tout à vous faire plaisir, profitez-en pour prendre du temps pour vous, vous recentrer, savourer ces petites choses simples que vous n’aviez plus l’occasion de faire ou que vous faisiez vite. En fait, ne vous punissez pas d'avoir été licencié en vous menant la vie dure. Surtout en cas de restructuration d'une entreprise, vous n'êtes en rien responsable de la situation.

Prenez un café avec un(e) ami(e), prenez du temps dans la salle de bains, après avoir fait vos recherches du jour lisez une revue ou un bouquin. Ne faites pas de votre recherche d’emploi une obsession. Soyez proactif, mais ne culpabilisez pas lorsque vous prenez du temps pour vous.

Tout le monde s’accorde à dire que le moral est important pour être en état de donner le meilleur lors des entretiens. Il est donc important de faire en sorte de le maintenir.


Gardez un certain rythme

Prenez du temps pour vous, oui. Mais essayez de garder un certain rythme. De continuer à vous habiller le matin, de sortir vous promener, vous alimenter correctement, etc. Je sais, ça à l’air idiot et évident, mais beaucoup de personnes au chômage finissent par se laisser aller à ce niveau-là et il est important de garder le moral et la forme. Une discipline quotidienne vous y aidera.


Utilisez ce qui est mis à votre disposition

Il y a un tas de choses mises en place pour les personnes en recherche d’emploi. Elles n’ont pas toutes bonne réputation, mais elles ont le mérite d’exister et des gens dévoués y travaillent. Servez-vous de ce que l’Etat ou l'entreprise vous "offre". Accompagnement individuel, couveuse d’entreprise, formations, outplacement,… Ne partez pas du principe que ça ne sert à rien. Il suffit parfois de tomber sur la bonne personne au bon moment.

À la semaine prochaine.


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