Si vous vous reconnaissez dans la description qui suit, c’est que vous avez un bon potentiel de sauveur... La chronique de Julie Arcoulin, spécialiste en développement personnel et relationnel.


Les personnes atteintes du syndrome du sauveur ont un grand esprit de sacrifice, elles ont tendant à dire « Je fais toujours tout pour tout le monde, mais je n’ai jamais rien en retour », elles ne s’occupent pas d’elles-mêmes et surinvestissent l’aide et le soutien qu’elles donnent aux autres, ce sont des cocottes minutes pleines de frustration et dans l’attente que ces autres pour qui elles donnent tout, leur rendent.


Les origines

La famille des « psy » s’accorde généralement pour dire que le syndrome du sauveur trouve son origine dans la petite enfance.

Les adultes sauveurs sont des enfants qui, très tôt (trop tôt) ont pris des responsabilités d’adulte. Ils ont été des pourvoyeurs de soin pour leurs parents, frères ou sœurs. Ces enfants sont, à un moment, devenus les parents de leurs parents.

Ils ont pris soin d’un, ou de plusieurs, de leurs proches en s’occupant de lui de plusieurs façons. Et dans ce soin qu’ils leur prodiguent, ils cherchent en fait à les sauver. C’est là que ça commence…


Reproduction de schémas

Dans leurs relations, les sauveurs reproduisent encore et encore les schémas qu’ils ont connus enfants. Leurs relations se construisent sur le modèle « aidant-aidé » qu’ils ont connu et qui sont leur normalité.

La reconnaissance et l’amour qu’ils cherchaient à obtenir en essayant de sauver leur parent (ou membre de la famille proche), ils continuent à les rechercher dans leurs relations d’adulte. Ils essayent de se revaloriser en volant au secours des autres.

C’est un peu comme si les sauveurs avaient besoin que les autres aient besoin d’eux. Ils ne se sentent exister qu’à travers les sacrifices qu’ils font pour les autres. Ils veulent ainsi obtenir de l’amour et ne se sentent aimés qu’en prenant soin des autres. Ils n’ont pas conscience qu’ils peuvent être aimés pour ce qu’ils sont et qu’ils n’ont pas besoin de faire quoi que ce soit pour cela, si ce n’est être eux-mêmes.


À quel moment cela devient pathologique ?

© Reporters

Il est important de ne pas confondre générosité et abstraction de soi. Les relations basées sur « sauveur-sauvé » peuvent rarement fonctionner sur le long terme. Pour deux raisons :

  • Si on n’arrive pas à sauver l’autre, on entre dans un cercle infernal. Le sauveur fait de plus en plus de choses pour sauver l’autre, et le sauvé le supporte de moins en moins. Les sauveurs finissent par être dans un tel degré d’attente face aux personnes qu’ils veulent sauver que cela provoque des tensions relationnelles qui deviennent insupportables pour que la relation perdure.

  • Si on arrive à sauver l’autre (ce qui est très rare), en tant que sauveur on ne se retrouve plus dans la relation puisque le sauveur a besoin d’être un secours permanent. Alors, à moins de régler parallèlement son syndrome du sauveur, la relation finit par s’effriter également.

Lorsque, dans une relation, l’une des deux personnes estime que l’autre a une dette envers elle, la relation devient malsaine et déséquilibrée. Quand le besoin de sauver conditionne la relation, il y a du souci à se faire...

Mesdames et messieurs, si vous vous reconnaissez dans la catégorie des sauveurs, j’ai un scoop pour vous : les personnes que vous attirez (ou par qui vous êtes attiré) ne veulent pas être sauvées. C’est la base des relations sauveur-sauvé !


Comment soigner son syndrome du sauveur ?

L’une des premières étapes est d’identifier le scénario que vous répétez inconsciemment. Qui avez-vous essayé de sauver en ayant la sensation de n’y être pas arrivé(e) ? En reconnaissant que vous avez tendance à « imposer » vos sauvetages aux autres sans qu’ils vous le demandent, vous verrez que vos attentes seront bien plus légères et, par conséquent, vos relations aussi.

Je vous le disais, si vous êtes sauveur, vous attirez des personnes qui ne veulent pas être sauvées. D’ailleurs si vous vous posez la question suivante avec un peu d’honnêteté, vous verrez que ce que je dis à du sens. Voici une question à vous poser pour commencer à vous dépêtrer : y a-t-il une demande explicite ?

Dans la plupart des cas, la réponse est non. Réfléchissez bien.

Il faut ensuite faire un travail sur soi en se remettant, avec bienveillance, en question. L'objectif : comprendre que cette « manie » de vouloir aider les autres ne provient pas d'une pure empathie désintéressée. N’y aurait-il pas là derrière, un sentiment de toute-puissance ? À méditer.


Et votre capacité à recevoir ?

Parlons-en. Donner tout, tout le temps, à tout le monde ou presque, n’est-ce pas en fait une bonne façon de cacher votre incapacité à recevoir ? Quelles croyances se cachent derrière cela ? Vous ne méritez pas qu’on prenne soin de vous ? Vous ne savez pas que les autres sont capables de le faire ? Vous pensez qu’il faut le mériter ? Interrogez-vous là-dessus, c’est aussi un début de réponse.


Faites de vous une priorité

Ce n’est pas égoïste ! Prendre soin de soi, se respecter, faire de ses propres besoins des priorités, cela ne fera pas de vous quelqu’un d’égoïste, mais quelqu’un d’équilibré qui pourra aider les autres plus adéquatement et sans attendre quelque chose en retour.


Il faut aussi penser à faire le deuil de ceux que vous n’avez pas réussi à sauver enfant… N’hésitez pas à vous faire accompagner, vous gagnerez du temps.


À la semaine prochaine.


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