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Des médecins ont analysé le fluide émis par les femmes fontaines. Le résultat est surprenant.

Les femmes fontaines libèrent une quantité importante de liquide pendant l’orgasme et la stimulation sexuelle. Mais que contient-il ? Pour le savoir, Samuel Salama, gynécologue à l'hôpital privé de Parly II (Le Chesnay), en collaboration avec d’autres médecins, s’est penché sur la nature de ce fluide. « Il existe très peu d'études sur le sujet et elles sont parfois contradictoires. Le terme éjaculation féminine a été utilisé pour parler des femmes fontaines, par analogie avec l'éjaculation masculine. Or, même s'il a été démontré que les femmes ont une prostate - ce sont les glandes de Skene - cette dernière pèse entre 2 et 5 grammes alors que chez l'homme, elle pèse environ 30 grammes. Impossible avec une taille aussi petite d'émettre jusqu'à 250 ml de liquide ! », explique le docteur Samuel Samala à Nice Matin.

Après avoir analysé les données de 7 candidates, il s’est rendu compte que le mystérieux fluide était… de l’urine. Pour arriver à ce résultat, le sexologue leur a d'abord demandé de faire pipi et a vérifié par une échographie que la vessie était bien vide. Ensuite, elles ont dû se stimuler sexuellement, seule ou avec leur partenaire. Après 25 à 60 minutes, le Dr Salama a refait une échographie qui a révélé que la vessie était à nouveau pleine. Enfin, il a recueilli et analysé le liquide émis. Une troisième échographie a démontré que la vessie était vide.

« L'analyse du liquide a montré qu'il contenait de l'urée, de la créatinine et de l'acide urique, comme les urines… De plus, chez certaines femmes, nous avons détecté du PSA, spécifique de la prostate dans le liquide émis ! Il existe bien deux phénomènes différents : l'émission fontaine qui provient de la vessie, associée parfois mais pas toujours à une éjaculation qui provient de la prostate », développe M. Samala.

Mais les résultats vont encore plus loin : deux types de femmes fontaines existent. Dans un cas, le liquide délivré s’écoule comme un petit ruisseau et dans l’autre cas, l’émission est tel un geyser.

« Prenons celles que j'appelle les dépendantes : elles émettent ce liquide uniquement par la stimulation directe de la paroi antérieure du vagin (point G ou complexe clitorido-urtro-prostato-vaginal). La stimulation de cette zone donne du plaisir à la femme qui accepte de se laisser aller. Si sa vessie est pleine, cette manipulation purement mécanique entraîne un écoulement de l'urine, par un effet collatéral en quelque sorte », indique Samuel Samala.

Dans la deuxième catégorie, « le phénomène est dans ce cas plus cérébral. Il est plus rare et peut survenir avec tout type de stimulation sexuelle. Dans le lobe frontal du cerveau, il existe une zone dédiée à la miction qui, nous le savons, dépend d'un apprentissage social : petit, on nous a tous appris qu'il ne fallait faire pipi que sur les toilettes ! Tout à côté se trouve la zone du contrôle social. Or, pour se laisser aller à l'orgasme, la femme doit désactiver cette zone et l'on pense que cette inhibition s'étend aussi à sa voisine, dédiée à la miction », continue le sexologue.

L'étude* conclut que « les données actuelles basées sur la surveillance par échographie de la vessie et des analyses biochimiques indiquent que la jouissance est essentiellement une émission involontaire d'urine pendant l'activité sexuelle, même si une contribution marginale de sécrétions prostatiques au fluide émis existe souvent ».

*Elle a été publiée dans "The Journal of Sexual Medecine".