Relations Si les résultats sont conformes aux attentes des parents et de l’enseignant, tout va bien. Dans le cas contraire, cela peut pourrir les vacances. Voici les conseils de Nathalie Vancrayenest afin de réagir au mieux pour le bien de toute la famille. La dernière chronique de l'année de la coach scolaire et parentale Nathalie Vancrayenest.


Si le bulletin est bon, profitez-en pour féliciter l’élève de façon active et constructive. Exprimez vos sentiments de joie et de fierté. Posez des questions et soulignez les compétences qu’il a acquises, les qualités utilisées pour obtenir ces appréciations. Ces étapes dans le compliment sont essentielles afin que l’enfant, l’adolescent se rende compte que les points ne relèvent pas de la magie, de la chance ou du bon vouloir de l’enseignant, mais bien de leur maîtrise de la matière. Enfin, pour renforcer le sentiment de compétence et l’estime de soi de l’enfant, de l’adolescent, pensez à valider ses ressentis et sentiments de réussite. De cette façon, l’enfant pourra se constituer un référentiel interne et sera moins sensible à l’opinion des autres.

Par contre si les remarques sibyllines du type « Travail insuffisant », « Bon début d’année, mais baisse de régime », « N’attends pas la catastrophe pour t’y mettre », « Tu es capable de mieux » …. fleurissent sur le bulletin comme les pâquerettes dans les champs au printemps, les vacances d’hiver et les fêtes peuvent prendre un goût amer !


Comment ne pas gâcher la fête ?

Dédramatisez. Vos enfants ne se réduisent pas à des notes au bulletin. De plus, s’ils sont conscients de leurs forces et faiblesses, en remettre une couche ne les aidera pas ! Pour vous aider à dédramatiser, je vous renseigne, deux excellents ouvrages sur l’échec et les cancres et si vous n’avez pas le temps de lire une vidéo qui vous fera autant de bien qu’un vin chaud ou un bonbon menthe (1).

Relativisez. Les qualités de la réussite ne sont pas nécessairement celles que l’on développe à l’école.

Oubliez les points et ce bulletin, le temps des fêtes. Prenez du plaisir à être ensemble, à découvrir votre enfant autrement. Relevez les qualités dont il fait preuve, ses comportements positifs (sans surévaluation) vous pourrez faire des parallèles avec l’école pour l’encourager. Mais avant la fin des vacances, reprenez le carnet de notes pour une analyse constructive ! Vous pouvez ensemble essayer de remonter aux causes des difficultés, des échecs… le manque de travail n’est certainement pas la seule raison.


Il est en primaire

Les parents et les enseignants seront attentifs à ne pas confondre les difficultés passagères et les troubles de l’apprentissage. Les premières demandent un temps plus long pour acquérir la compétence. Les troubles de l’apprentissage, eux, sont permanents et demandent un suivi et des aménagements durant toute la scolarité.

Des difficultés personnelles ou familiales (2) peuvent perturber l’enfant. Il est alors indisponible pour les apprentissages. Dans notre cerveau, les états internes et les dialogues intérieurs ont la priorité sur toutes les autres informations. Parlez-en avec lui, ses émotions et ses sentiments reconnus, il reprendra le cours de sa scolarité plus sereinement.

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Il vient d’entrer en secondaire

Il est probable qu’il n’ait pas encore intégré les changements, les nouvelles habitudes. Faites-lui confiance, aidez-le à puiser dans ses ressources : « comment peux-tu t’y prendre ? » « Quelles sont les solutions ? » (Avoir le choix des solutions cela évite de devenir rigide)

Votre enfant, votre adolescent n’a, jusqu’ici, jamais vraiment dû travailler pour avoir des résultats convenables. La complexification de la matière et l’augmentation du volume peuvent révéler un manque de méthode. Beaucoup d’enfants, d’adolescents et aussi d’adultes confondent encore comprendre et apprendre ! Comprendre comment fonctionne le cerveau est tellement utile, et quelques heures de méthodologie chez un professionnel devrait suffire à vous y aider. Travailler plus, faire des efforts ne sont pas des solutions à long terme.


Et tout le temps...

Entamez le dialogue. Votre enfant se sert de l’échec pour s’opposer à vous, attirer votre attention ? Faites le point avec lui sur vos attentes et les siennes. Soyez attentif à la pression, la comparaison avec la fratrie… Une discussion bienveillante le sortira de ce comportement inadéquat et contre-productif.

Analysez les réussites. Oui, c’est de là qu’il faut partir, trouvez les stratégies sources de succès, afin de les reproduire. Bien souvent l’enfant, l’adolescent découvre qu’il est capable de persévérance, de motivation, de gestes d’apprentissage dont il n’avait pas conscience. Conscientisé, il peut alors les reproduire dans toutes les matières.

Bonnes fêtes de fin d’année à toutes et tous, prenez soin de vous et de vos familles !

Grandir en confiance ce sont des conférences, des ateliers et des consultations individuelles pour des parents et des enfants bien dans leurs baskets et leur tête.

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Pour dédramatiser. Les vertus de l’échec, Charles Pépin, Allary Édition, 2016 / L’Encyclopédie des cancres, des rebelles et autres génies, J.B. Pouy, S. Bloch, A. Blanchard, Gallimard jeunesse, 2006

Pour aller plus loin. Mais qu’est-ce qui l’empêche de réussir ? Jeanne Siaud-Facchin, Odile Jacob, 2015

Notes. (1) Lorsque l’on est parent, l’humour pour soi aide à surmonter certaines situations critiques. 

(2) Violence, harcèlement direct ou indirect, chômage, deuil, séparation, divorce… Ces situations peuvent perturber de façon passagère les apprentissages.