La réponse de cette jeune fille à la diffusion de photos d'elle nue contre son consentement peut étonner. Elle explique sa démarche...

Emma Holten se réveille un matin, ouvre sa boîte mail et découvre une montagne de messages horribles à son propos. Des photos d'elle nue circulent sur la toile... Très vite, elle comprend qu'elle est victime de la vengeance de son ex petit ami qui, après une rupture difficile, a posté ces clichés qu'il possédait encore, sans son consentement. La jeune fille avait à l'époque 17 ans. "Ils (les hommes qui ont vu les photos) savaient que c'était contre ma volonté (...) Cette absence d'accord de ma part était érotique pour eux, ils ont savouré ma souffrance. C'est une chose d'être sexualisée par des personnes qui sont attirées par vous, s'en est une autre d'être complètement déshumanisée", explique-t-elle sur le site féministe Hysteria. C'est justement ce sentiment de « déshumanisation » qui la pousse aujourd'hui à se battre et à montrer toute l'importance du consentement.

Après un essai rédigé pour dénoncer cette « vengeance pornographique » (désormais punie au Royaume-Uni), Emma s'est dénudée pour désexualiser son image. Ce projet photographique, signé Cécile Bødker, lui a permis, presque trois ans plus tard, de se sentir mieux dans sa peau. "Avec ces photos, je suis un sujet et plus un objet sexuel. Je n'ai pas honte de mon corps, mais il m'appartient. Le consentement est donc la clé. De la même manière que le viol et le sexe n'ont rien à voir l'un avec l'autre". 

Bien entendu, le message ici n'est pas de demander aux autres victimes de l'imiter, "C'est un acte de militantisme, pour sensibiliser, souligner que les gens ne perçoivent pas toujours la nuance entre une image partagée avec ou sans consentement", ajoute-t-elle pour expliquer sa démarche que certains ne comprennent pas, mais qui est applaudie par d'autres.

© Cécile Bødker

© Cécile Bødker