L'éloignement physique amène les Belges à s'appeler, se parler, se remonter le moral : et ça marche.

Mesures d'éloignement, confinement, perte du lien social, convivialité altérée : ces mots nous font peur, nous font ruminer, nous font nous sentir seul. Mais dans cette avalanche d'incertitudes et de questionnements, Emmanuel André, professeur et porte-parole interfédéral Covid-19 a répondu à une question avec ces mots : " Ces mesures ne visent pas à défaire le lien social, loin de là, ce sont des mesures temporaires d'éloignement physique, pas social". Et c'est vrai...cela fait toute la différence et cela fait du bien à entendre..

Si les familles peuvent continuer à entretenir une sorte de dynamique sociale en vivant sous le même toit, il n'en va pas de même des personnes vivant seules, de tous âges, qui ont vu leur vie sociale se rétrécir drastiquement avec la fermeture de tous les lieux de convivialité et les mesures visant à interdire les rassemblements familiaux et amicaux, pour se protéger. VIvire seul est le lot de 1 Belge sur 7. Les parents célibataires souffrent aussi de voir leur monde rétrécir...

Alors de nouvelles habitudes se sont rapidement faites jour : "Au lieu de s'envoyer des messages comme je le faisais avant sans y penser, j'appelle mes amies pendant la journée, ça va plus vite, on peut se dire bien plus de choses et ça fait du bien d'entendre une voix et de partager", explique Mathilde.

En fin de journée, les appels se font plus nombreux aussi pour débriefer la journée, se raconter angoisses et bons plans, s'échanger des blagues et de l'humour entendus ou vu sur les réseaux sociaux. "C'est comme si on se parlait à nouveau, sans attendre le moment précis où l'on s'était fixé rendez-vous", souligne Thierry, "et nos conversations sont plus bienveillantes, on s'écoute et on se remonte le moral".

Se parler, se soulager et s'entraider

Certains encore s'organisent pour se faire des apéros-conférences ! "Sur leur terrasse, mes voisins ont l'air d'être plein le soir alors qu'il sont juste un couple : en fait, ils appellent leurs potes en vidéo et ils papotent tous, c'est assez marrant à écouter, ça me réchauffe le coeur", témoigne Emilie.

Il faut voir aussi le nombre de pages Facebook d'entraide et de propositions d'aide aux personnes en difficulté pour être, un peu, réconfortés. "Dans ce chaos, certaines personnes sont isolées et ont besoin de soutien. On peut les aider sans les voir ou les fréquenter tout en respectant les mesures de sécurité. Par exemple: déposer un puzzle devant la porte des voisins pour occuper les enfants, téléphoner à une voisine âgée afin de faire la papote, faire du soutien scolaire par skype, faire les courses pour les personnes âgées, proposer son aide pour baby-sitter les plus petits, ..." expliquent Sandrine Corbiau, attachée de presse de la plate-forme Solidare-It.org, lieu de solidarité entièrement gratuit qui met en contact de manière simple et flexible les personnes qui ont besoin d'un soutien avec ceux qui souhaitent aider. Lancée en juin dernier, cette plate-forme a tout son sens aujourd'hui.

On peut effectivement s'appeler par WhatsApp, Messenger, Facetime en duo. On peut installer Skype pour parler à plusieurs. Voici un site qui permet de se parler en se voyant jusqu'à 4 personnes, sur son ordinateur ou depuis son téléphone : https://whereby.com/

Facile, convivial, réconfortant.