Le 14 février, les tarifs ont tendance à s’envoler, mais pas toujours la qualité.

Vendredi soir, c’est la Saint-Valentin. L’occasion pour de nombreux couples de célébrer cela autour d’un bon repas. Pour les restaurateurs qui misent sur un menu spécial pour ce soir-là, c’est quasi l’assurance de faire un carton plein. Et comme la Saint-Valentin tombe un vendredi, il y a de grandes chances qu’ils remettront le couvert samedi soir également.

"Pour moi, c’est une soirée comme celle du Nouvel An. Ce sont des jours où on est assurés de faire le plein et où les clients ne regardent pas à la dépense. Ce serait d’ailleurs malvenu de refuser à madame la sortie dans le resto qu’elle aime tant sous prétexte que le menu est plus cher que d’habitude. Quand on aime, on ne compte pas", plaisante Charles, restaurateur bruxellois.

"Certains exagèrent cependant, mais c’est un mauvais calcul car, si ce sont des clients qui ne connaissent pas l’établissent et qui en ressortent déçus, ils ne se feront pas prier pour vous faire une mauvaise publicité."

Si le menu unique est généralement de rigueur, ce n’est pas uniquement pour faire davantage de profit, ajoute Charles.

"Cela demande une énorme organisation, pas uniquement en cuisine. Ce soir-là, on ne sert pratiquement que des couples, donc des tables de 2 personnes. Il faut donc s’assurer que tous seront servis dans un laps de temps relativement court. Cela demande donc une bonne gestion de la salle, autant que de la cuisine. Comme on travaille beaucoup sur réservation, on s’arrange aussi pour ne pas accepter tout le monde à la même heure. On ventile le service artificiellement, ce qui est plus confortable pour tout le monde."

Un mauvais jour pour certains restaurateurs

Tous les restaurateurs ne se frottent pas pour autant les mains. "Chez nous, c’est un jour comme un autre, mais un mauvais jour je dirais même", assure de son côté Fabio, pizzaïolo ixellois.

"On voit que certains clients ne viennent pas car ils n’ont pas envie de se retrouver dans une salle entourée de couples et d’avoir l’impression de tenir la chandelle. A contrario, comme nous n’avons pas de menu Saint-Valentin, nous ne sommes pas dans les adresses les plus prisées de ces couples qui, eux, redoutent justement un manque d’intimité. On perd donc sur les deux tableaux. Heureusement, il nous reste les livraisons, qui ne sont pas réservées aux couples ou aux célibataires."