Relations L’orgasme masculin est plus complexe qu’on ne le pense. Il n’est pas seulement mécanique mais aussi psychologique. Exploration.


"On astique, ça vient et c’est réglé" : cette vision purement mécanique de l’orgasme masculin est largement répandue. Et pourtant… éjaculer n’est pas jouir. Les deux phénomènes se suivent souvent de quelques dixièmes de seconde mais sont distincts. Chez les hommes comme chez les femmes, l’orgasme est avant tout psychologique et loin d’être automatique. "Pour un vrai bon orgasme, il faut de l’envie, de l’excitation mais aussi pouvoir se laisser complètement aller et être en confiance", témoigne Cédric*, 36 ans.

Des orgasmes d’intensité variable

Il existe donc une multitude de variations d’orgasmes : de celui qui soulage mais un peu décevant, "comme une pizza commandée sur Internet", à l’extase absolue qui vous fait tout oublier. Et cette intensité dépend des circonstances : il y a les gestes et les mots qui excitent et font se livrer ou au contraire ceux qui bloquent. L’orgasme via la masturbation ou avec un partenaire n’est pas non plus identique, même d’un point de vue chimique. Il serait plus jouissif avec un partenaire, une sorte d’incitation du cerveau à la reproduction… L’apparente facilité des hommes à jouir peut pourtant les amener à ne pas explorer toutes les possibilités qui s’offrent à eux et à rester dans une jouissance de type masturbatoire, même avec leur partenaire. C’est-à-dire qu’ils ne prennent pas en compte les désirs de ce partenaire quitte à le voir comme un objet qui leur permet de les amener à la jouissance expérimentée lors de la masturbation.

Se retenir pour mieux jouir

D’autres hommes ont cependant analysé leur pratique et avancent une corrélation entre l’effort pour se retenir et le plaisir. Plus on attend, plus la jouissance est grande. Mais attention à ne pas laisser "échapper" son éjaculation, au risque de rester sur sa faim. C’est d’ailleurs ce qui arrive aux éjaculateurs précoces. À l’inverse, certains hommes affirment pouvoir jouir sans éjaculer, c’est même l’objectif ultime dans la tradition taoïste chinoise. L’orgasme ne vient pas non plus uniquement par la stimulation du pénis. Tétons, fesses, périnée et prostate ne demandent qu’à être mis à contribution. L’orgasme prostatique - bien qu’encore tabou - est souvent qualifié de "cent fois au-dessus du reste".

Les hommes simulent aussi

Derrière la "mécanisation" de l’orgasme masculin, on trouve aussi une pression de la performance qui les amène parfois à simuler. Eh oui mesdames vous n’êtes pas les seules. Selon une étude de l’Université du Kansas, 28 % des hommes avouent avoir déjà simulé. Ne pas éjaculer peut être vu comme une faiblesse ou un problème sexuel pour un homme. Faire semblant est une manière de régler la question. Une autre raison évoquée pour simuler est le désir de ne pas blesser sa partenaire. Deux peurs qui découlent de cette idée bien ancrée : une relation sexuelle doit nécessairement donner lieu à une éjaculation. Et cette éjaculation annonce la fin du rapport, ajouteront certains. Vraiment ?