Le rapport à la sexualité des femmes change. Et vite. En moins de 20 ans, on est passé d’une proportion de femmes ayant utilisé un sextoy de 7 à 46 %. Et le Covid a encore accéléré les choses : puisque l’enquête Ifop menée dans 5 pays sur le sujet pour le compte d’une plate-forme de contenu pour adultes, Pokmi, établit que 38 % de l’ensemble des femmes en ont fait l’expérience ces 3 derniers mois, pour un total de 52 % l’ayant utilisé au moins une fois au cours de leur vie. Avec les campagnes comme celle lancée avec Lily Allen par Womanizer #imasturbate, les accessoires et jouets sexuels entrent de plus en plus dans les mœurs.

Le recours à la masturbation en solitaire est de plus en plus présent : 80 % de femmes l’ont affirmé dans tous les pays investigués, "sans doute en lien avec un affranchissement croissant à l’égard des discours normatifs y pesant traditionnellement sur l’onanisme", souligne Francis Aubouin, porte-parole de l’Institut. Ces plaisirs intimes, comme on l’a vu, sont de plus en plus liés à l’utilisation de sextoys mais aussi accompagnés d’une consommation pornographique, "f acilement accessibles sur les sites de streaming depuis une quinzaine d’années. La proportion d’amatrices de vidéos X a augmenté de manière sensible à l’échelle européenne à 47 %, soit +5 points depuis 2016".

Une évolution qui tient certainement à un changement des mentalités ("La pornographie est réservée aux hommes"), à une amélioration de l’offre de vidéos en termes qualitatifs et en termes de thématiques aussi : les vidéos X pour les femmes sont plus nombreuses ces dernières années. Mais surtout elle tient "à un accès de plus en plus dématérialisé à la pornographie. Les supports physiques (VOD, TV, DVD) étant sans cesse plus délaissés", pointe François Kraus du pôle sexualité de l’Ifop.

Enfin cette enquête de l’Institut de sondage français menée en Espagne, Italie, France, Allemagne et Royaume-Uni montre toujours un clivage Nord/Sud. "Tout comme d’autres études l’avaient montré dans le passé, les Européennes vivant dans des sociétés marquées par une certaine éthique égalitaire en matière de mœurs, se distinguent par une plus grande intégration des sextoys dans leur répertoire sexuel (61 % en Allemagne, 60 % au Royaume-Uni). À l’inverse, dans les pays latins marqués par l’influence de l’Église catholique, leur usage apparaît moins fréquent (ex. : 30 % en Italie)."