Autocollants paninis, t-shirts, perruques dégueulasses, il ne vous aura pas échappé que du douze juin au treize juillet, le football fera partie intégrante de nos vies. Si les amatrices sont de plus en plus nombreuses, certaines d'entre nous restent hermétiques à la sphère footo-footeuse. Il va malgré tout falloir un effort, afin de ne pas s'enfermer dans un solitaire trip à la Tom Hanks dans Seul au monde .

Si vous faites partie de la deuxième catégorie, nous avons pensé à vous et avons ressorti quelques petites phrases bien senties à placer à la machine à café, lors d'un pique-nique au Bois de la Cambre ou tout simplement devant votre écran. Petit manuel de survie.

"Faire descendre Witsel en numéro 6. Quel génie ce Wilmots !"

Au moment de reprendre la sélection belge, Willy décide de replacer le joueur du Zenit Saint-Pétersbourg au poste de médian défensif, soit numéro 6. Deux ans plus tard, l'ancien du Standard est devenu l'une des pierres angulaires de notre équipe nationale. LA meilleure trouvaille du règne de sa Majesté Marc à la tête de nos Diables.

"Non, mais la Colombie, même sans Falcao, c'est du très lourd !"

Le 22 janvier, l'attaquant Radamel Falcao se blesse gravement au genou lors d'un match de Coupe de France entre Monaco et Chasselay, remettant en cause sa participation au Mondial. Inutile de dire que de Bogota à Medellin, cette date est devenue un jour de deuil national. Privés de leur champion à soixante millions d'euros, beaucoup voient les Cafeteros foirer leur Mondial. Sauf qu'avec des joueurs comme Carlos Bacca, James Rodriguez et Jackson Martinez, les Colombiens vont pouvoir proposer autre choses qu'un rail de coke et un déhanché de Shakira pour faire parler de leur pays.

"Ces Bleus-là peuvent vraiment faire quelque chose..."

Qualifiés in extremis pour le Mondial, parfois décriés au pays, les Français sont dans des conditions idéales pour cartonner à la Coupe du monde. Pourquoi ? Tout simplement parce que les Bleus ne sont jamais aussi forts que quand on ne les attend pas. Comme en 1998, où la presse hexagonale passait son temps à casser sa propre équipe. Un mois plus tard, les Champs-Elysées était bleu-blanc-rouge de monde et Gloria Gaynor devenait la nouvelle Marianne. Tout le contraire du Mondial de 2002, où, tenants du titre et archi-favoris (surtout de leur propre avis), nos voisins s'étaient lamentablement vautrés dès le premier tour. En même temps, cela nous aura évité l'overdose d' "On est champions" de Johnny Hallyday dans les oreilles...

"Et si Origi nous faisait une Ribéry ?"

En juin 2006, Franck Ribéry est le petit nouveau de l'équipe de France. Un mois plus tard, Cht'i Franck est devenu une star, à la faveur d'un Mondial stratosphérique. En 2014, Wilmots refait le même coup que Domenech avec Divock Origi. A dix-neuf ans, le Lillois va enfin pouvoir enfiler le maillot des Diables rouges. Et dans un grand tournoi international. Avec le même destin que l'ancien client de Zahia ? Si le gamin nous sort une prestation digne du match de Ribé contre l'Espagne il y a huit ans, on signe direct !

"Les Bosniens, je pense qu'ils peuvent refaire le coup de la Croatie en 98. Je mets un billet sur eux"

En 1998, les Croates arrivent avec une étiquette de nation encore marquée par les stigmates de la guerre... et une équipe on ne peut plus solide. Résultat ? L'équipe aux damiers réalise un Mondial dantesque et s'offre une troisième place inespérée. Seize ans plus tard, les petits frères Bosniens prennent le relais, avec une équipe bien balancée et motivée à l'idée de marcher sur les traces croates. Le tout sera maintenant de prononcer leur nom sans se tromper. Dur.

"C'est fou, le Brésil a totalement inversé ses propres codes"

Dans l'inconscient collectif, le Brésil représente le football samba, le jobo bonito (le beau jeu), les dribbles aussi chaloupés que les pas d'une danseuse de carnaval et les buts à la pelle. Mais voila, le Brésil version 2014, c'est aussi une défense de fer, avec un véritable "crevard" nommé David Luiz et un chien de garde comme Ramires. Bref, le Brésil des années 70-80 a laissé place à un système nettement plus pragmatique. Normal quand onze mecs en short doivent faire oublier la misère sociale qui règne dans un pays où même le foot ne fait plus illusion.

"Le joueur le plus sous-estimé du tournoi ? Thomas Müller, évidemment"

Avec sa dégaine et son air de boy-next-door , Thomas Müller n'a ni l'élégance de Mesut Ozil, ni le charisme de Bastian Schweinsteiger, ni le rendement de Miroslav Klose. Bref, le mec ne ressemble à rien. Et pourtant, l'avant du Bayern Munich est peut-être l'un des éléments les plus importants de l'effectif de Joachim Löw, le sélectionneur allemand. Avec ses trois poumons et ses mollets de coq, il parvient à dynamiter les défenses adverses. Le joueur à avoir quand on est prêt à sacrifier le style sur l'autel de l'efficacité.

"Si l'Espagne veut faire quelque chose, va falloir oublier le tiki-taka"

Le quoi ? Le tiki-taka , c'est un style de jeu qui a ravi le monde entier en 2008, quand l'Espagne débutait son insatiable règne sur le monde du foot. Un football fait de passes courtes, d'instinct et d'organisation. Parfois trop. Deux Championnats d'Europe et une Coupe du monde plus tard, les petits Ibères font moins rêver, ennuient même. Trop gagner rend toujours moins sympathique. Et six ans après l'arrivée au sommet de l'armada rouge, on aspire à une passation de pouvoir, histoire d'avoir une nouvelle équipe à soutenir. A propos, mentionnez que le tiki-taka en question s'inspire du toque (prononcez "toké") des Colombiens des années 90, et vous serez l'étoile de la soirée.


"Préférer Steven Defour à Radja Nainggolan ? Il a fumé quoi Wilmots ?"

Radja Qui ? Nainggolan. A vingt-six ans, le médian fait les beaux jours de l'AS Roma, qui vient de terminer deuxième du championnat d'Italie. Une belle référence qui n'a cependant pas convaincu Marc Wilmots, qui a donc choisi de conserver Steven Defour dans son noyau. Une aberration aux yeux des amateurs de Calcio , le foot comme on le pratique dans la Botte. Il faudra donc se passer du divin chauve au regard intense et se contenter du format de poche du FC Porto. Pas sûre qu'on y gagne au change...

"Une bonne fois pour toutes, c'est qui le plus barge ? Mario Balotelli ou Luis Suarez ?"

Mario Balotelli, c'est le mec qui lance des fléchettes sur des ados "parce qu'il s'ennuyait" , qui met le feu à son appart' en voulant faire un feu d'artifice dans sa cuisine, se frite avec ses coaches. Mais plante une vingtaine de buts par saison (ce qui est top). Luis Suarez, c'est le type qui fait fi de tout sens moral au moment d'arrêter de la main un tir adverse pour sauver son cher Uruguay. Alors qu'il est attaquant. C'est le gars qui mord un adversaire en plein match et plonge plus vite que son ombre. Surtout quand on ne le touche pas. Mais c'est aussi le Pistolero qui n'en finit plus de marquer des buts. Plus que l'éternel clivage entre Lionel Messi et Cristiano Ronaldo, c'est bien le duel Balo -Luis qui va égayer les discussions de bistrot cet été.

"L'Allemagne qui gagne à la fin, c'est dépassé. Maintenant, elle s'arrête en demi"

Gary Lineker, l'un des plus brillants avants de l'histoire du foot anglais, est passé à la postérité grâce à sa célèbre maxime sur l'éternel triomphe allemand. Sauf que voila, nos voisins teutons n'ont plus rien gagné depuis 1996. Demi-finaliste à l'Euro 2012, la Coupe du monde 2010 et 2006, la Mannshaft est devenue la championne des accesits, malgré un jeu attrayant (et un super maillot !). Prends ça, Gary !


Aurélie Herman