Cela paraît complètement fou, mais le Covid-19 est en train de mettre à genoux une des plus puissantes industries du divertissement, qui rapporte chaque année plus de 40 milliards de dollars.

Chez nous, les salles ferment en Flandre et à Bruxelles, et rien ne garantit qu’elles rouvriront toutes dans quelques semaines. Mais de l’autre côté de l’Atlantique, la situation n’est guère plus réjouissante. Même les richissimes Majors souffrent du report des films depuis mars.

Selon The Hollywood Reporter , James Bond serait d’ailleurs en train de se transformer en fardeau pour la MGM. La société avait misé 250 millions de dollars sur la 25e aventure officielle de 007, avec l’espoir de dépasser la barre du milliard au box-office mondial. Depuis le mois d’avril, le long métrage réalisé par Cary Joji Fukunaga reste tranquillement au frais dans les coffres-forts, sans rien rapporter au studio. Bien au contraire.

Tous les experts sont d’accord : à eux seuls, les frais de marketing inutiles pour les deux sorties avortées s’élèveraient à 50 millions de dollars. Et ce n’est pas tout. Comme la plupart des blockbusters, No Time To Die a été largement financé par l’emprunt. Qui devait être remboursé par une sortie en avril dernier. Alors, les intérêts supplémentaires, même si les taux sont très bas actuellement, grimpent en flèche. D’un million de dollars par mois, selon The Hollywood Reporter. Ce qui alourdirait la note de 12 millions de dollars pour une sortie en avril 2021.

Ceci expliquerait pourquoi la MGM n’aurait pas immédiatement opposé un refus aux plateformes de streaming venues s’enquérir du prix d’achat du dernier enfilage de smoking par Daniel Craig. Mais les 600 millions de dollars réclamés auraient fait fuir les acquéreurs. Si la crise perdure, qui dit que les négociations ne reprendront pas sur d’autres bases à l’avenir ? Ce serait une catastrophe pour les salles de cinéma.