Les sorties vidéo

Frédéric Seront

Michael Keaton entend des morts

BRUXELLES Après quelques semaines d'absence, votre rubrique DVD est de retour avec les dernières sorties de début août.

ÉVENTUELLEMENT

La voix des morts (disponible à la location, sortie vente le 17 août): savez-vous ce qu'est un EVP? Ou, plus précisément, un Electronic Voice Phenomenon? Il s'agit en fait d'ondes qui permettent d'entendre des morts communiquer avec les vivants, via le poste de télévision, par exemple. Un phénomène dont le personnage de Michael Keaton fait l'expérience après le décès soudain de sa femme. Lui qui était on ne peut plus rationnel finit par croire qu'il peut réellement communiquer avec celle qu'il aimait. Mais celle-ci semble vouloir l'avertir de drames qui vont se produire... Dans le genre thriller fantastique, La voix des morts aurait pu se hisser dans le haut du panier. Malheureusement, le manque de punch de la réalisation et l'absence de réels rebondissements (on sent venir la fin avec une demi-heure d'avance sur le héros) en font une sorte de sous- Sixième sens. Restent quelques effets qui saisissent. Mais on s'ennuie plus qu'on n'est effrayé par ces voix d'outre- tombe...

Distribué par Videodis.

Espace détente (disponible à la vente et à la location): adapter au cinéma une minisérie comme Caméra Café constituait le projet casse-gueule par excellence. Pas facile, en effet, de faire un long métrage à partir de petites séquences de seulement quelques minutes. Et hors de question de filmer les protagonistes pendant 1 h 30 devant la fameuse machine à café, comme dans la série. Du coup, on quitte très vite le célèbre couloir pour découvrir les autres recoins de l'entreprise et même en sortir, le tout sur fond de lancement d'un nouveau produit. Du coup, le film perd tout ce qui faisait le charme et l'originalité de la série. A part les personnages (Bruno Solo et Yvan le Bolloc'h sont évidemment au rendez-vous), il n'y a en fait aucun point commun. Certains gags arrivent quand même à dérouiller un peu les zygomatiques, mais la plupart des fans de Caméra Café risquent de se sentir floués.

Distribué par Mélimédias.

PLUTÔT PAS

Danny the Dog (vente et location): décidément, si on peut apprécier Luc Besson en tant que cinéaste, il faut avouer que ses films comme producteur nous donnent de plus en plus la nausée tant ils sombrent dans la violence gratuite. Banlieue 13 en était déjà l'exemple. Danny the Dog ne vient qu'étayer un peu plus ce constat. Pourtant, cette fois, le sieur Besson tente de nous émouvoir en racontant le sort réservé à un Asiatique (l'inévitable Jet Li) élevé comme un chien par un dangereux mafieux qui l'a transformé en machine de mort. Il suffit d'un claquement de doigts et il attaque comme une bête féroce, laissant peu de chance à son adversaire. Mais notre homme va cependant redécouvrir la part d'humanité qui était enfouie au fond de lui... en découvrant le piano. Au point qu'il refuse désormais de se battre. On veut bien que la musique adoucit les moeurs, mais quand même! Tout cela est parfaitement grotesque et ne sert de toute façon, à l'arrivée, que de prétexte à de nouvelles scènes de bastons. Les amateurs de bagarres y trouveront peut-être leur compte, mais les autres spectateurs seront écoeurés devant un tel étalement de bêtise et de violence.

Distribué par Melimédias.

© La Dernière Heure 2005

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