«Mon film n'est pas un plan de paix pour le Proche-Orient!»

Steven Spielberg répond aux critiques

BERLIN En tournant un film sur un sujet aussi sensible que la prise d'otages durant les Jeux Olympiques de Munich, en 1972, et les actions de représailles qui ont suivi, Steven Spielberg savait qu'il devrait répondre à de nombreuses critiques. Y compris de la part des Israéliens, comme leur consul à Los Angeles, Ehud Danoch: «C'est une équation morale incorrecte» a-t-il déclaré à propos d'un ouvrage qui renvoie Israéliens et Palestiniens dos à dos.

«Je ne suis pas prétentieux au point d'affirmer que je délivre un plan de paix pour le Proche-Orient avec mon film» a rétorqué le réalisateur de La liste de Schindler dans une rare interview accordée au magazine allemand Der Spiegel. «Mais est-ce une raison pour laisser le champ libre à ceux qui simplifient tout? Aux Juifs et aux Palestiniens extrémistes qui considèrent jusqu'à aujourd'hui toute forme de solution par la négociation comme une sorte de traîtrise? (Est-ce une raison) pour se taire, juste pour ne pas avoir d'ennuis? Je voulais juste me servir du puissant médium qu'est le cinéma pour amener le public à une confrontation très intime sur un thème qu'on ne connaît généralement tout au mieux que de manière abstraite.»

Il n'accepte donc pas la critique selon laquelle il donne «des réponses simples à des questions compliquées. Croyez-moi, je n'ai pas abordé le sujet de manière naïve. Je suis un juif américain et je connais les sensibilités dans le conflit israélo-palestinien.» Avant de conclure qu'il serait prêt à «mourir pour Israël».

Bien décidé à sortir du cadre purement cinématographique traditionnel, Steven Spielberg a aussi choisi de distribuer 250 caméras vidéo à des enfants palestiniens et israéliens, pour qu'ils filment leur quotidien avant de s'échanger leurs cassettes. «Ce genre de chose peut être efficace, en leur permettant de comprendre qu'il n'y a pas tant de différences entre Israéliens et Palestiniens, et de toute façon pas en tant qu'êtres humains», a-t-il précisé au magazine Time.

Doté d'un budget de 70 millions de dollars, Munich présente un casting de choix: Eric Bana, Geoffrey Rush, Mathieu Kassovitz, Mathieu Amalric, Marie-Josée Croze, Yvan Attal, Michael Lonsdale et le futur James Bond, Daniel Craig.

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