Dave: “Rares sont les chanteurs qui acceptent qu’on se fiche d’eux !”

Interview de Charlotte Vanbever
Dave: “Rares sont les chanteurs qui acceptent qu’on se fiche d’eux !”
©Disney

Dave est mis en scène dans "Une chanson pour ma mère". Il y est lui, mais pas vraiment…


BRUXELLES En ce moment, Dave est partout. Et ça lui plaît plutôt, à en voir la mine réjouie qu’il affiche en retrouvant une partie de l’équipe d’Une chanson pour ma mère, réunie pour parler avec tendresse de cette attachante comédie. Entre deux confidences – “Je me chausse chez les femmes… Parce que je ne suis pas vraiment fini, je chausse du 37 !” –, le plus francophile des Hollandais évoque ce métier d’acteur qu’il a appréhendé avec conviction, et cette image de lui, renvoyée par le film…

Pour quelles raisons accepte-t-on de tourner dans un film comme celui-ci ?

“Je ne me prends évidemment pas pour un acteur, mais je pense que j’ai compris que la chose la plus importante, quand on vous propose un film, c’est de lire l’histoire et d’y aller. Quand on m’a donné le scénario, même si je n’ai pas l’habitude d’en lire, j’ai été tout de suite intéressé, j’ai vu les personnages, comme dans du Charles Dickens. J’ai déjà fait des apparitions dans des films, et à chaque fois c’était en tant que Dave. Ça m’ennuyait un peu d’à nouveau être moi. Même mon compagnon m’a dit : Tu ne vas pas encore faire Dave ? J’ai alors compris que je devais faire Dave, mais dans une situation qu’il ne connaît pas. Comme cette scène de fin avec la mère… Ça je connais, je n’ai plus ma mère. Elle aurait eu 113 ans cette année […]”

Vous avez eu un coach sur le tournage ?

“Oui, j’ai adoré. Mais il y a des scènes que j’ai ratées. Enfin, disons que ce n’est pas faux, en musique on appelle ça bleu. Pas dans le mille. C’est comme pour un album. Sur douze chansons, il y en a une pour laquelle on se dit qu’on aurait pu faire mieux. Dans une ou deux scènes, je dirais que je ne suis pas parfait. Mais globalement, je suis satisfait… Je ne vais pas dire que je crève l’écran, ce serait trop (rires) ! Non, j’ai vu que je passais bien à l’image.”

Et vous n’êtes pourtant pas physiquement mis en valeur dans le film. Vous êtes mal rasé, la mine fatiguée,…

“Oui, mais j’adore. Si je devais faire un autre film, je voudrais y être chauve ! J’en ai marre de cette coiffure de débile !” (Rires.)

Durant plus de 4 ans, Joël Franka, le réalisateur, vous a suivi un peu partout, dans l’attente que le film se fasse…

“Oui, dans mon entourage, plus personne ne croyait au film ! Joël m’a vu partout, dans les trucs craignos que je peux faire. Je peux tout faire. L’assurance de l’argent joue un certain rôle dans ma vie parce que j’ai quand même ramé pas mal. Mais je n’ai jamais été inquiet. Je ne suis pas un inquiet de nature. Quand il n’y avait vraiment rien devant moi, je me disais que ça allait s’arranger. Guy Béart m’a dit un jour : Après la cinquantaine, quand on te propose quelque chose, il faut avoir envie, être capable et être bien payé !”

Les “trucs craignos”, “les galas galère”, comme vous dites, c’est quoi ?

“C’est un truc dans un hangar avec des tables où les gens mangent, ça pue la bouffe et au dessert on offre un chanteur. Les conditions de travail ne sont pas réunies mais j’en fais mon affaire. Je dirais même que ça m’amuse ! J’ai fait autant de belles salles que de galas où les gens ne sont pas là pour moi. Un jour, j’en ai fait un à New York pour le match France-Bulgarie. Et la France a perdu. Je ne vous dis pas l’ambiance dans la salle ! Johnny Hallyday était là. Il m’a dit : Ce que tu viens de faire, je ne l’ai jamais fait et je ne sais pas si j’en serais capable.”

Dans Une chanson pour ma mère, vous êtes filmé en concert à Libramont…

“Là je faisais mon métier. On appelle ça les galas POB (play-back orchestre) de province. Ça craint un peu. Mon manager a fait la gueule, mais c’est ça que Joël voulait pour son film. Il voulait les galères.”

Joël Franka vous voulait dans le film parce que votre popularité est intacte et intergénérationnelle…

“Honnêtement, et ce n’est pas pour me lancer des fleurs, mais il aurait du mal à trouver un chanteur qui aurait été d’accord pour qu’on se fiche de lui durant les ¾ du film. Je suis quand même traité de ringard, de has been, de chanteur pour midinettes !”

Cette année, vous êtes parrain d’Âge tendre et tête de bois, pour l’ultime saison…

“Je ne voulais pas le faire au départ. Parce que je trouvais ça craignos. Marc-Olivier Fogiel et Daniel Auteuil, mes amis, m’avaient fait jurer il y a 5 ans que je n’y prendrais jamais part. Et là, j’y ai réfléchi sérieusement et eux m’ont dit de foncer, parce que c’est accepté. Mais ce n’est pas pour ça que je le fais. C’est surtout parce que, à un moment, ça devient blasphématoire de refuser une proposition pareille. On va encore vivre des moments extrêmement difficiles économiquement. Quand on vous propose de jouer 55 dates d’ici à mars 2014, on n’a pas intérêt à refuser. C’est trop énorme ! Et on m’a dit oui à tout ce que je voulais.”



© La Dernière Heure 2013

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