Faut-il aller voir L'écume des jours ?

P.L. et Rédaction en ligne
Faut-il aller voir L'écume des jours ?

Le film sort de mercredi dans les salles. Michel Gondry signe une adaptation inventive et déroutante

BRUXELLES Avec un casting ronflant (Audrey Tautou, Romain Duris, Omar Sy, Gad Elmaleh, Alain Chabat,...), l'Ecume des jours est LA sortie de la semaine.

L'adaptation du roman de Boris Vian est-elle une réussite? Vaut-elle le déplacement dans les salles obscures ? Tentative de réponse...

Résumé

Inventeur farfelu du pianococktail, grand admirateur de Duke Ellington, Colin (Romain Duris) passe ses journées à suivre les mésaventures de Chick (Gad Elmaleh), un fan inconditionnel qui achète tout ce que publie Jean-Sol Partre (Philippe Torreton) ou à profiter des petits plats que lui confectionne son avocat (Omar Sy) qui suit à la lettre les recettes de Jules Gouffé (Alain Chabat). Une vie insouciante rendue encore plus belle par l’arrivée de Chloé (Audrey Tautou). Du moins, dans un premier temps. Car lorsqu’un nénuphar envahit les poumons de l’élue de son cœur, le monde de Colin se met à rétrécir. Et à s’assombrir.

Notre avis.

Seul un cinéaste singulier, à l’univers décalé et poétique, pouvait s’attaquer à l’œuvre surréaliste de Boris Vian. Autant dire qu’à part Tim Burton, on ne voit personne d’autre que Michel Gondry pour tenter ce qui était considéré jusqu’alors comme impossible.

Le réalisateur de La science des rêves le fait avec toute l’inventivité dont il est capable. Les objets s’animent “à l’ancienne”, avec des effets spéciaux rétro, les décors évoquent autant un futur improbable qu’un passé imparfait, les séquences légères, aériennes, dansantes et toujours farfelues s’enchaînent dans une naïveté délicieusement communicative.

Puis, mine de rien, l’image s’assombrit, les bords sont rognés, la couleur vire au noir et blanc pendant que les décors rétrécissent, la love story vire à la métaphore de la mort et à la critique acerbe de notre société, des faux besoins qui appauvrissent, de la religion et des guides spirituels aux allures de dictateurs perdus dans leurs propres pensées.

Bien sûr, il faut accepter de suivre Michel Gondry dans ses délires visuels éblouissants ou très sombres, de regarder une comédie se transformer en drame philosophique ou de voir un casting 5 étoiles se racrapoter en même temps que le monde des personnages. Mais si on entre dans cet univers inventif, quel bonheur ! Tout se déroule alors comme dans un rêve, avec une infinie légèreté. Les images fortes vont marquer longtemps les esprits par leur richesse et leur imagination.

Finalement, le principal bémol vient du roman lui-même. Difficile, en effet, de retrouver les émotions de la première lecture dans ce film plus noir et plus chargé en signification que dans les souvenirs. Mais ce n’est pas une raison suffisante pour ne pas s’offrir ce voyage en compagnie de Michel Gondry.


© La Dernière Heure 2013


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