Les critiques cinéma sur les sorties de ce mercredi

P. L.
Les critiques cinéma sur les sorties de ce mercredi

Les Gamins, Iron Man 3 et l'Ecume des jours vont peut-être vous convaincre d'aller vous enfermer au cinéma par ce beau soleil

BRUXELLES Le mercredi, c'est le jour des sorties! Le temps ne se prête plus à une bonne séance de cinéma mais cela ne doit pas empêcher la fréquentation des salles obscures.

Pour éviter les mauvaises surprises, voici notre avis sur les nouveaux films de cette semaine.

Les Gamins: 6/10

Quelques scènes et répliques vont devenir cultes.

Résumé

Depuis la vente de sa société, tout ennuie Gilbert : sa femme incapable de finir la moindre phrase, l’argent dépensé pour des organisations humanitaires et même la teinte du canapé (“Ce n’est pas une couleur mais un message qui dit : Viens voir Des chiffres et des lettres !”). L’arrivée de son futur beau-fils, qu’il prend d’abord pour un petit con, change tout. Thomas prend tout à la blague. Et Gilbert décide de s’offrir la même liberté. En plaquant son épouse, en claquant tout son fric dans des virées mondaines, en s’achetant plein de gadgets inutiles ou en réalisant son rêve de rejouer de la batterie.

Notre avis

Rien de bien original dans le thème. La crise d’adolescence tardive constitue un ressort classique de la comédie, même s’il est plus souvent décliné sous la forme du démon de midi. Tout le charme de cette comédie enlevée repose sur la cote de sympathie, énorme, d’Alain Chabat, et sa confrontation avec un humoriste de la nouvelle génération, Max Boublil. Entre eux, la complicité est évidente. Les vannes fusent et les situations de la vie de tous les jours deviennent prétextes à des gags impertinents ou dingues. La séquence où ils s’arrêtent à côté d’un automobiliste, écouteur bluetooth à l’oreille, pour lui commander un hamburger (ou plus exactement des “tranches de bœuf en étages…”), devrait d’ailleurs rapidement devenir culte. Et susciter bien des vocations dans la vraie vie.

Tout sonne juste dans cet amusement souvent inspiré, aux dialogues tantôt agressifs, tantôt délirants, qui se moque des petits travers de tout le monde. Et même si le fil conducteur est un peu trop prévisible, cela ne gâche rien à la saveur des mots ni à la performance de comédiens parfaits dans l’autodérision ou dans les détournements de la réalité sans jamais verser dans la caricature.

Les occasions de rire étant toujours trop rares, on ne saurait trop vous conseiller de rire de bon cœur de et avec ces personnages qu’on croise tous les jours en rue ou au travail.

Iron Man 3: 6/10

Le Dr House des superhéros casse de nouveau tout en beauté.

Résumé

Trop occupé à papillonner avec une jolie botaniste en Suisse le dernier jour de 1999, Tony Stark a créé, comme le disait un philosophe dont il a oublié le nom, “ses propres démons”. Et ceux-ci viennent lui pourrir la vie 14 ans plus tard. Sous forme d’un terroriste au look de Ben Laden, Le Mandarin, qui envoie ses bombes humaines sur les États-Unis et menace de tuer le président des USA. Un adversaire aux pouvoirs régénérateurs et destructeurs bien trop puissants pour Iron Man.

Notre avis

Avec la multiplication des robots volants et des hommes en fusion, on se croirait tantôt dans une spin-off de Transformers, tantôt dans un nouvel épisode des Quatre fantastiques. Comme le reste est un copier-coller de tous les films d’action hollywoodiens (c’est fou ce que les terroristes cherchent à dézinguer l’homme le plus puissant de la planète…), les scénaristes ne se sont manifestement pas foulés.

Heureusement, Iron Man possède un atout très spécifique : son cynisme. Le Dr House des superhéros parvient à envoyer un robot dans les bras de sa femme (Gwyneth Paltrow, très sexy, amenée à se battre en soutien-gorge noir), à malmener un gamin qui l’a aidé ou à faire de l’humour glacial avec son meilleur ami en plein milieu d’un combat. Même si Shane Black aurait pu capitaliser davantage sur cette particularité fort agréable, le contrat est rempli en matière de comportements égoïstes et impertinents.

Et puis, il y a les scènes d’action, celles pour lesquelles viennent les fans de castagne superhéroïque. Eux, ils vont dévorer (des yeux) de la tôle et du ciment à satiété. Les robots se massacrent à la pelle en cette saison, tout comme les villas de milliardaires, l’Air Force One présidentiel, les bistrots des petites villes paisibles, le mythique Chinese Theatre ou les cargos chargés de containers. Ça explose et tatane de partout. Avec un soin assez épatant dans le traitement de l’image.

Il manque certainement un zeste de folie, d’humour et d’imagination pour rendre cet Iron Man 3 mythique, mais pour s’amuser et oublier pendant deux heures les problèmes de la semaine, cela vaut la peine de s’envoyer en l’air avec la boîte de conserve géante surchauffée et suréquipée.

L'Ecume de jour: 6/10

Michel Gondry signe une adaptation inventive et déroutante.

Résumé

Inventeur farfelu du pianococktail, grand admirateur de Duke Ellington, Colin (Romain Duris) passe ses journées à suivre les mésaventures de Chick (Gad Elmaleh), un fan inconditionnel qui achète tout ce que publie Jean-Sol Partre (Philippe Torreton) ou à profiter des petits plats que lui confectionne son avocat (Omar Sy) qui suit à la lettre les recettes de Jules Gouffé (Alain Chabat). Une vie insouciante rendue encore plus belle par l’arrivée de Chloé (Audrey Tautou). Du moins, dans un premier temps. Car lorsqu’un nénuphar envahit les poumons de l’élue de son cœur, le monde de Colin se met à rétrécir. Et à s’assombrir.

Notre avis

Seul un cinéaste singulier, à l’univers décalé et poétique, pouvait s’attaquer à l’œuvre surréaliste de Boris Vian. Autant dire qu’à part Tim Burton, on ne voit personne d’autre que Michel Gondry pour tenter ce qui était considéré jusqu’alors comme impossible.

Le réalisateur de La science des rêves le fait avec toute l’inventivité dont il est capable. Les objets s’animent “à l’ancienne”, avec des effets spéciaux rétro, les décors évoquent autant un futur improbable qu’un passé imparfait, les séquences légères, aériennes, dansantes et toujours farfelues s’enchaînent dans une naïveté délicieusement communicative.

Puis, mine de rien, l’image s’assombrit, les bords sont rognés, la couleur vire au noir et blanc pendant que les décors rétrécissent, la love story vire à la métaphore de la mort et à la critique acerbe de notre société, des faux besoins qui appauvrissent, de la religion et des guides spirituels aux allures de dictateurs perdus dans leurs propres pensées.

Bien sûr, il faut accepter de suivre Michel Gondry dans ses délires visuels éblouissants ou très sombres, de regarder une comédie se transformer en drame philosophique ou de voir un casting 5 étoiles se racrapoter en même temps que le monde des personnages. Mais si on entre dans cet univers inventif, quel bonheur ! Tout se déroule alors comme dans un rêve, avec une infinie légèreté. Les images fortes vont marquer longtemps les esprits par leur richesse et leur imagination.

Finalement, le principal bémol vient du roman lui-même. Difficile, en effet, de retrouver les émotions de la première lecture dans ce film plus noir et plus chargé en signification que dans les souvenirs. Mais ce n’est pas une raison suffisante pour ne pas s’offrir ce voyage en compagnie de Michel Gondry.


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© La Dernière Heure 2013

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