Cauet, Galabru et Vincent Taloche dans un film belge !

Pour son premier long métrage, Sacré Charlemagne, Adrien François frappe fort.

Interview > Patrick Laurent
réalisateur belge Adrien François
réalisateur belge Adrien François ©© Bauweraerts D

Comme il ne s’agit pas d’une éventuelle-probable-on-est-très-optimiste-sur-ses-chances-de-percer-future star des Diables Rouges, forcément, Adrien François n’est pas le jeune homme le plus médiatisé de Belgique pour le moment. Le Liégeois supporter d’Anderlecht avait pourtant rêvé d’une vie de footballeur avant de bifurquer, à l’adolescence, vers le cinéma. Avec succès, comme en témoignent ses courts métrages dans lesquels il a dirigé Jean-Luc Couchard, Stéphane Pauwels, James Deano, Isabelle De Hertogh ou Jean-Pierre Castaldi.

Preuve qu’il est aussi parfois bon de ne pas suivre comme un zombie le ballon rond dans ses trajectoires aléatoires. Combien de nos compatriotes, en effet, peuvent se vanter de signer leur premier long métrage à 22 ans ? Et avec Sébastien Cauet et Michel Galabru à l’affiche ? Adrien François, lui, va connaître ce bonheur dans les prochains mois. Avant d’enchaîner avec d’autres projets. Car le Monsieur 100.000 volts de notre cinéma ferait passer n’importe quel hyperactif speedé pour une limace sous anesthésie.

"Je vais commencer par un pilote de 20 minutes pour mon premier long métrage. Sacré Charlemagne retrace une journée d’école de profs dépressifs ou colériques, d’élèves idiots, fainéants ou fayots, jusqu’à la réunion de parents. Le tout sur un mode humoristique visuel."

Vos courts métrages, comme Promotion canapé, sont plus calmes que vous…


"C’est un plaisir de jouer du contraste. Les mouvements lents, les travellings avec des grues, me plaisent particulièrement. L’homme et le réalisateur n’ont pas le même tempérament (rire). Mais les plans dépendent surtout du scénario. Le prochain, basé sur un script de Christophe Bourdon, sera plus dynamique."


Comment avez-vous convaincu Cauet d’y participer ?


"Je l’ai rencontré dans le cadre du Voo Rire festival l’an passé. Les frères Taloche, Vincent joue aussi dans Sacré Charlemagne, m’ont permis d’assister à son spectacle et de le rencontrer en coulisses. J’aime bien proposer des rôles différents à des gens comme Stéphane Pauwels ou James Deano, qui ne sont pas vraiment dans le cinéma mais regorgent de talent. On a papoté et il m’a demandé de lui envoyer le scénario. Ce que j’ai fait. Et il a eu envie d’incarner le prof Capuçon, un instituteur dépassé par les événements, blasé, qui s’ennuie et n’enseigne que pour gagner sa vie."

Un vrai contre-emploi, donc.


"J’aime bien surprendre, travailler les costumes, les moustaches et l’humour déjanté. Personne n’imagine Cauet dans un rôle comme celui-là. Michel Galabru, j’hésite encore à le faire jouer dans un registre décalé, avec un pull à tirette, des écouteurs qui pendent et les cheveux teints en brun. Un grand-père moderne, loin de son image en costume."


Et Vincent Taloche ?


"Il sera prof de gym. Il glisse sur sa ceinture, mange des chips… Le but, c’est de caricaturer l’esprit de l’école secondaire, pour que les spectateurs, un peu comme dans les spectacles de Gad Elmaleh, s’identifient aux personnages."

Où tournerez-vous ?


"À Liège. Je suis attaché à ma ville. J’adore les frères Dardenne mais j’ai envie de donner une autre image de Liège, plus festive, joyeuse. La comédie, c’est ma voie."

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