Emmanuelle Béart: "Je rêvais d’être majorette en Australie"

À l’occasion de la sortie du film Les Yeux jaunes des crocodiles, rencontre avec son actrice principale.

Interview, Pierre-Yves Paque
Les yeux jaunes des crocodiles
Les yeux jaunes des crocodiles

À l’occasion de la sortie du film Les Yeux jaunes des crocodiles, rencontre avec son actrice principale

Dans le film de la Belge Cécile Telerman (réalisatrice de Tout pour plaire), Emmanuelle Béart campe une écrivaine en mal de reconnaissance et qui s’invente une vie pour exister.

Les Yeux jaunes des crocodiles (en salle ce mercredi 9 avril) posant la question de la notoriété et plus précisément de la problématique de la réussite qui se résume aujourd’hui à être connu ou passer à la télévision. "C’est consternant, admet l’actrice française au micro de DH Radio (interview complète dans le Push café de ce mercredi matin). Ce n’est surtout pas viable pour un être humain d’être reconnu soudainement de façon très forte et violente pour quelque chose d’immédiat et qui n’est pas de l’ordre du travail ou de la passion. La notoriété peut être d’une violence redoutable. Une reconnaissance pas supportable et qui rend fou".

À 50 ans, et 30 ans après le succès fulgurant de Manon des sources, Emmanuelle Béart a appris à vivre avec la célébrité. "Je ne la vis pas aujourd’hui comme je l’ai vécue lors de la sortie du film de Claude Berri. C’était très particulier. La notoriété à l’époque était quand même violente car Manon des sources a été vu par des milliers de gens. Mais avant de penser à la notoriété, je pense toujours à ce métier qui est un métier de voyageuse, autant à l’intérieur de l’être humain qu’à l’extérieur avec ces différents endroits géographiques, les religions et milieux sociaux qu’on découvre. C’est juste passionnant."

Ce métier tant aimé donne pourtant l’impression de laisser peu de place pour les femmes de sa génération. "Pas du tout, rétorque-t-elle. Suffit de voir Juliette Binoche, Sophie Marceau ou encore plus âgées qu’elles, comme Catherine Deneuve et Isabelle Huppert. Je ne vois que de contre-exemples. Cela fait partie intégrante du métier." Pour Emmanuelle Béart, il n’est donc pas question de parler d’un métier difficile. "On est plutôt des privilégiées. Mais, évidemment, il n’est pas sans risque car il nous emmène dans des zones de nous qui ne sont pas forcément agréables et même plutôt douloureuses, qui nous réveillent et nous obligent à labourer notre terre et à sans cesse aller chercher de nouvelles choses enfouies en nous. C’est délicat mais pas difficile."

L’actrice avoue s’être construite grâce à ce métier justement. "Il m’a donné la force d’être pleinement femme. Une mère et une femme amoureuse." Celle qui nous confie avoir toujours "fantasmé d’être majorette en Australie" si elle n’avait pas été comédienne, est consciente que son corps reste son outil de travail. "Et il faut s’en servir avec ce qu’il devient. Mais c’est un outil magnifique car nous sommes notre propre instrument de travail."



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